"Canzoni della Cupa", le folklore épique de Vinicio Capossela

Le 09 août 2017 par
"Canzoni della Cupa", le folklore épique de Vinicio Capossela
Vinicio Capossela © Luca Zizioli

Des villages de l'Osso au désert de Sonora, le poète italien revient avec un nouveau conte folklorique entre ombre et poussière.

Troubadour excentrique et insaisissable, Vinicio Capossela est de ces rares poètes voyageurs qui redonnent vie au folklore avec modernité en s'inspirant autant du répertoire musical populaire que de la littérature, des mythologies ou de musiques de films. Après le très onirique Marinai, Profeti e Balene inspiré de l’Odyssée d’Homère ou du Moby Dick de Melville, Vinicio avait fait escale en 2013 sur les ports grecs avec l'album Rebetiko gymnastas. Aujourd'hui le chanteur et multi-instrumentiste nous présente Canzoni della Cupa, un recueil itinérant de chansons enregistrées à onze ans d'intervalle et présentées sur deux faces, celle de l'ombre et de la poussière.

La face de la Poussière, gravée pendant la période aride de l’été 2003, nous propulse sur les terres de l’Osso éloignées des mers et des villes, avec ses villages construits au bord de précipices comme pour se protéger du monde. Une session décharnée, desséchée, gravée avec seulement deux violons, un cymbalum, une contrebasse et une guitare comme pour mieux nous conter les malices humaines, la cruauté des petits villages, l'exploitation des paysans.  

Les chansons sont inspirées par un monde folklorique, campagnard et mythologique, que j’ai essayé de dépeindre en m’appuyant sur le travail préexistant de musiciens populaires, sur le riche héritage des traditions rurales, et, par dessus tout, sur les sagas épiques des communautés, les sonnets, les vers rimés que la masse chantait comme un seul homme sans jamais les écrire. Rassemblées au fil du temps, elles sont devenues les Canzoni della Cupa. Ces chansons source de chaleur, d’enracinement, depeur et de réconfort. Vinicio Capossela 

Pour sa face de L'Ombre, enregistrée entre 2014 et 2015, le "Tom Waits italien" a fait migrer ses chansons populaires italiennes de l’autre côté de l’océan vers cet ouest, tout aussi aride, qui évoque les selles, les mules, les rails de chemins de fer et les paysages de règlements de comptes légendaires. Comme un western de Sergio Leone avec sa musique d'Ennio Morricone, à qui il rend hommage sur "Il Treno", le poète et ses musiciens nous embarque dans un road trip fantasmé, des vallées de la Lucanie, jusqu’aux terres des coyotes. L’oeuvre s’ enrichie de la culture texane et mexicaine de Flaco Jimenez à San Antonio (Texas), de celle de Calexico dans le désert de Sonora, et de celle des Los Lobos, tous invités sur l'album à l'instar de Howe Gelb, Enza Pagliara, Antonio Infantino et Banda Della Posta. 

Vinicio Capossela est en concert du 16 au 18 octobre au Café de la Danse à Paris avec FIP.

Vinicio Capossela couv Canzoni della Cupa

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