Exclu FIP : le nouvel album de Bror Gunnar Jansson

Le 25 avril 2017 par
Exclu FIP : le nouvel album de Bror Gunnar Jansson
Bror Gunnar Jansson / Julien Bourgeois

Rencontre avec le bluesman suédois Bror Gunnar Jansson avant la sortie de "And The Great Unknown Part II", à découvrir ici en intégralité.

Trois ans après son album Moan Snake Moan, le one-man band trentenaire de Göteborg est de retour avec son post-blues universel aussi rugueux qu'inventif. Le deuxième volet de son projet And The Great Unknown sort le 28 avril sur le label français Normandeep Blues et Bror Gunnar Jansson nous fait l'honneur de nous l'offrir en avant-première. FIP a rencontré le très inspiré lone wolf suédois, l'occasion d'en savoir un peu plus sur son univers sombre et poétique où le blues originel cohabite avec les rythmes cubains, le blues du désert, le rock puissant, les balades folk ou les Work Songs de prisonniers saisissantes. 

Vous aviez dit que créer Moan Snake Moan, votre précédent album, avait été une grosse épreuve. Après le succès de ce dernier, l'écriture de And The Great Unknown a-t-elle été plus facile ?

Le problème en réalisant « Moan … » n’était pas tant d’écrire les chansons, mais plutôt le temps passé et l’énergie employée à enregistrer, produire, trouver les bonnes personnes avec qui bosser, avoir assez d’argent… Quand on enregistre un album, il y a certains moments qui sont vraiment chouettes, qui apportent une satisfaction immédiate. Mais il y a également beaucoup de moments difficiles, ennuyeux, des moments que l’on se débrouille pour oublier entre chaque enregistrement. Et à la fin un d’un long processus artistique, je me retrouve rempli de doutes. Aujourd’hui, je suis plutôt heureux du résultat de And the Great Unknow et d'avoir pris la décision de le diviser en 2 parties.

Votre musique est toujours empreinte de plusieurs genres et vous classer comme un bluesman est forcément réducteur. Parlez-nous des couleurs musicales de ce nouvel opus, quelles ont été vos inspirations ?

Quand il s’agit de parler de qui inspire notre travail, ça peut souvent être assez difficile. Car, à la façon dont votre esprit travaille, vous ne savez quasiment jamais ce qui a fait éclore une idée en vous. Ceci étant dit, je peux tout de même citer des inspirations immédiates, directes comme Timber Timbre, surtout la manière dont ils utilisent leur écho. Lonesome Shack, une des chansons de Part II, leur est d'ailleurs dédiée. La chanson War Tubas évoque les deux premières guerres mondiales et un magnat belliqueux, malade de pouvoir (Donald Trump). Je me suis aussi inspiré des enregistrements des Work Songs de prisonniers, dans des champs aux États-Unis, particulièrement ceux faits par Alan Lomax en 1947/48. Je peux aussi citer le travail du photographe Gregory Crewdson, celui de Tom Waits bien sûr, de Tinariwen ou les zones industrielles qui m’ont inspiré l’écriture d’une chanson à propos de l’environnement, et de ce que je ressens quand je vois la manière dont nous polluons cette planète.

La musique cubaine est aussi présente sur plusieurs titres. Comment est-elle arrivée dans le projet ?

J’écoute des genres, des styles de musique vraiment différents, et c’est quelque chose que je fais depuis que je suis môme, ayant grandi dans une famille de musiciens (nda : son père est contrebassiste). J’ai été foudroyé par la musique cubaine quand j’ai vu le légendaire et fantastique documentaire Buena Vista Social Club. Et depuis, j’adore les timbres et les rythmes de la musique Afro-Cubaine.

Edward Young Took His Gun, le premier titre, nous plonge dans l'univers d'un vieux western à la frontière mexicaine. Ces références cinématographiques sont-elles toujours présentes lorsque vous composez ?

Oui, les films sont une grande source d’inspiration. Cette chanson est particulièrement inspirée par La Nuit du Chasseur, Carnivàle (la série La Caravane de l’Etrange), et True Detective (la première saison bien entendu).

Que deviennent vos personnages Butch et William ?

Sur I ain’t going down…, vous pouvez entendre un peu de l’histoire de Butch. Et sur He had a knife... Pt. II, on peut retrouver William et un de ses meurtres. A propos de William, j’ai pour projet un roman graphique combiné avec un enregistrement musical qui racontera l’histoire complète de William. Alors si vous êtes illustrateur ou écrivain et que vous aimeriez prendre part à ce genre de projet, faites le moi savoir.

Bror Gunnar Jansson 585

Parlez-nous de ce titre O Death sur lequel vous êtes accompagné d'une chorale...

Je voulais en effet faire ma propre version parmi les nombreuses « Death Songs » qui existent. Il y en a tant dans cette tradition, de Dock Boggs, Charley Patton et Vera Hall à Johnny Cash et Christian Kjellvander. Je voulais ajouter ma contribution, d’une certaine manière traditionnelle, mais en même temps complètement différente de ce qui a été fait auparavant me semble t-il.

While I fight the tears est une balade écologique déchirante. On peut voir sur votre compte Facebook que vous êtes très engagé sur les questions sociétales, sur l'égalité des droits...

Je ne dirais pas que je suis une personne très impliquée. Je pense que je suis trop idiot et paresseux pour cela. Maintenant que j’ai dit cela, je pense que ce sont des sujets réellement importants. Et récemment, je me suis mis à écrire de plus en plus de chansons à thèmes politiques.

The Preacher nous plonge dans la pure folk-song américaine que vous étudiez avec passion depuis longtemps. D'où vient ce titre ?

Cette chanson est l’une des plus anciennes de And the Great Unknown. Je ne suis plus tout à fait sûre de ce qui l’a inspirée. Mais maintenant que j’y repense, je dirais peut-être Twin Peaks et La Nuit du Chasseur

Bror Gunnar Jansson couv And The Great Unknown part 2

Sur Moan Snake Moan, Pt. III "The Bear - Snake" on vous entend au saxophone, dont vous avez joué dans vos premiers groupes. Pourtant, vous vous faites discret avec cet instrument...

Je joue très rarement du saxophone aujourd’hui. Ainsi, ça ne sonne pas aussi bien que quand j’en jouais quotidiennement. Mais sur les enregistrements (et très rarement en live), je sens que je peux ajouter le saxophone dans le mix, et obtenir ainsi une nouvelle couleur sonore.

Vous partez en tournée pour la sortie de l'album, mais avez-vous déjà d'autres projets discographiques en tête ?

J’ai travaillé sur And the Great Unknown ces deux dernières années, avec des interruptions. Et j’ai bien assez de chansons pour faire un, deux, voire trois albums de plus. Mais je n’ai pas vraiment planifié encore à quoi ressemblerait le prochain album…

Bror Gunnar Jansson est en concert :
le 09/05/17 - Le Poste à Gallène - Marseille
le 10/05/17 - Théâtre couvert de Châteauvallon
le 11/05/17 - Connexion Live - Toulouse
le 12/05/17 - La Poudrière - Belfort
le 14/05/17 - au Plan - Ris Orangis
le 17/05/17 - La Sirène - La Rochelle
le 18/05/17 - Le Fuzz'Yon - La Roche sur Yon
le 19/05/17 - Le Manège - Lorient
le 20/05/17 - Le Bacardi - Callac
le 21/05/17 - L'UBU - Rennes
le 10/06/17 - Festival This Is Not A Love Song - Nimes

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