Exclu : « Muance », le nouvel album de Chapelier Fou

Le 16 octobre 2017 par
Exclu : « Muance », le nouvel album de Chapelier Fou
Louis Warynski alias Chapelier Fou | Photo : Romain Gamba

Le producteur lorrain dévoile une rencontre poétique entre classique et électronique, à découvrir ici en écoute intégrale.

Attention, chef d’œuvre. Louis Warynski alias Chapelier Fou est un artiste, un vrai. Un de ceux qui cherchent, qui tentent, qui expérimentent. Voilà maintenant 8 ans et trois albums que ce natif de Metz bouscule régulièrement notre ouïe, apportant sa pierre au syncrétisme captivant des musiques classiques et électroniques. Un multi-instrumentiste mutant, adepte du violon comme du séquenceur et qu’on ne serait en effet pas surpris de croiser au détour de l’univers surréaliste du conte de Lewis Carroll.

Au pays des merveilles, nul doute que ce Muance aurait toute sa place. Muance, un mot-valise réunissant la mutation et la nuance dans un concept où le hasard a toute sa place. C’est peu dire que Chapelier Fou développe un projet aussi artistique qu’expérimental, lui qui aime composer seul dans un home-studio qu’on imagine volontiers en forme de laboratoire. Et pourtant, sur ce nouveau disque, le producteur lorrain a partagé ses formules avec d’autres, et a convié quelques musiciens qui l’accompagnent d’ordinaire en live à composer avec lui certains titres. La clarinette et la guitare ont ainsi rejoint son violon et ses synthés, mais aussi les samples de flûte péruvienne, de bandoura et de balalaïka ukrainienne qu’il est allé piocher dans ses vinyles.

Premier extrait de ce nouvel album, le titre Philémon avait déjà marqué l’été par sa grande beauté et sa composition multifacette. Sur près de 5 minutes, le Lorrain brouille ainsi les pistes et survole volontairement plusieurs registres : violon céleste, montées techno, et de nombreux breaks qui semblent avoir pour mission de toujours aiguiser l’esprit. Car l’electronica de Chapelier Fou est souvent onirique et rappelle à bien des égards celle du solitaire Rone époque Spanish Breakfast. C’est aussi de ce bois quasi-imaginaire qu’est composé Artifice, un titre là aussi plein de ruptures et que Chapelier Fou assortit de bulles de basses organiques, cisaillées lors des montées par des violons impatients.

Dans la musique électronique, la direction graphique est souvent la voix imagée de productions strictement instrumentales. Bien entouré sur ses deux premiers clips, Chapelier Fou a développé un univers quantique qui transcrit bien la finesse de son projet : minéral, antique et futuriste tout à la fois, son esthétique brasse les symboles de l’espace et du temps dans un tracé moléculaire particulièrement saisissant. On en redemande.

"Muance", nouvel album de Chapelier Fou, est attendu le 20 octobre 2017 sur le label Ici d'ailleurs

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