FKJ ou le groove tranquille

Le 07 mars 2017 par
FKJ ou le groove tranquille
French Kiwi Juice alias FKJ | Photo : Jack McKain

Le premier album du producteur franco-néo-zélandais est une vadrouille de soul électronique.

Si le kiwi est bien connu pour ses propriétés vitaminées, son étymologie maorie est aussi un indice de choix pour deviner qui se cache derrière French Kiwi Juice aka FKJ. A vrai dire, l’histoire de Vincent Fenton (de son vrai nom) n’est déjà plus un mystère en 2017. Le jeune producteur franco-néo-zélandais a aligné les succès depuis la sortie en 2012 de Lying Together, une petite bombe neo-house qui l’a fait connaitre dans les clubs du monde entier. En l’espace de cinq ans, ce tenant du DIY a affirmé son style relax en injectant des influences funk et jazz dans ses premiers EPs, tout en impressionnant en live par ses dons de multi-instrumentiste. Car à la manière d’un Jacques, FKJ joue seul (et plutôt bien) sur scène ses productions en jonglant entre machines, clavier, guitare ou saxophone, dans des concerts souvent bondés en France ou ailleurs.

A l’image de nombreux artistes électroniques, le premier album de FKJ arrive finalement assez tard, alors que le compteur d’écoutes s’affole depuis longtemps. Mais ce serait bien une erreur de considérer ce disque comme le simple témoignage discographique des cinq dernières années. French Kiwi Juice est en effet un album complet qui mêle des titres déjà connus (Lying Together) avec de vraies surprises, comme ce We ain’t Feeling Time très cuivré où le producteur pousse sa propre voix. En sus de l’influence jazz qui parsème tout le disque, la nouveauté réside bel et bien dans ces nombreux titres chantés par FKJ himself (Skyline, Blessed) jusqu’au final soul Why Are There Boundaries, là où les featuring d’artistes invités étaient privilégiés jusqu’à présent.

L’ensemble est vraiment convaincant, le chant agissant comme un instrument vocal respectueux des différentes mélodies et permet au producteur de raconter dans un groove sensible ses espoirs et ses souvenirs.

FKJ à Manchester en juin 2016 | Josh Brasted/WireImage

FKJ à Manchester en juin 2016 | Josh Brasted/WireImage

Si la langueur est un maître-mot de la musique de FKJ (quitte à rendre interminable la première moitié de Die With A Smile), les titres les plus électroniques du disque (Go Back Home, Joy) rappellent que ce natif de Tours est aussi le fer de lance d’une génération qui a considérablement fait avancer le genre ces dernières années. Signé sur le redoutable label parisien Roche Musique (Duñe, Darius), FKJ offre avec son premier album un boulevard à la belle relève qui s’agite autour de lui et qui fusionne sans complexe les instruments et les machines.

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French Kiwi Juice est sorti le 06 mars dernier sur le label Roche Musique.

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