François Truffaut : l’amour de la musique et du cinéma

Le 16 octobre 2014 par
François Truffaut : l’amour de la musique et du cinéma
François Truffaut © CC

Bien connu pour ses nombreux films, et figure emblématique de la Nouvelle Vague, le cinéaste français n’en était pas moins un amoureux de musique. Le trentenaire de sa disparition est l’occasion de se replonger dans les morceaux qui ont bercé sa filmographie.

Pour le trentenaire de la disparition de François Truffaut, Fip rendait hommage au cinéaste à travers une soirée spéciale samedi 18 octobre, à réécouter ici :

L’histoire de François Truffaut, c’est bien sûr ses films, qui ont profondément marqué le cinéma français, mais c’est aussi un amour indéniable pour la musique. Un amour et un intérêt pour celle-ci, marqué par des collaborations avec de grands compositeurs classiques, et de nombreux hommages à la chanson française, répertoire qu’il affectionnait particulièrement.

Une des grandes collaborations de François Truffaut fut celle avec Georges Delerue, musicien et compositeur français et spécialiste des musiques de films. Ce dernier décrit Truffaut comme « un passionné des musiques de films ». Georges Delerue travaille avec Truffaut dès son deuxième film, Tirez sur le pianiste, en 1960, et leur collaboration s’étalera pendant 23 ans jusqu’au dernier film de Truffaut, Vivement Dimanche !. Au total, Delerue aura composé pour onze long-métrages parmi lesquels, Jules et Jim, Les Deux Anglaises et le Continent, Une belle fille comme moi, La Nuit américaine, L’amour en fuite, La femme d’à-côté ou Le Dernier Métro.

 

Pour la bande son de Fahrenheit 451, sorti en 1966, Truffaut a travaillé avec le compositeur Bernard Herrmann, qui doit sa réputation aux musiques qu'il a écrit pour les films d'Alfred Hitchcock dans les années 1950. Le compositeur a également composé l’année suivante pour La mariée était en noir.

 

Une autre grande collaboration fut celle avec Antoine Duhamel, qui a notamment collaboré sur quatre films de 1968 à 1970, Baisers volés, La Sirène du Mississippi, L’enfant Sauvage et Domicile conjugal. Les deux hommes ne s’entendaient finalement que très mal, et ils ne travaillèrent que peu de temps ensemble.

 

François Truffaut affectionnait particulièrement la chanson française. Toutes ces chansons, que l’on peut entendre dans ses films, sont des morceaux qu’il aimait et écoutait. Truffaut avait ainsi ses artistes fétiches : Charles Trenet, Bobby Lapointe, Serge Rezvani… « Truffaut était comme les gens de sa génération, il avait quatre ou cinq chanteurs favoris, auxquels il était fidèle », explique Vincent Delerm à Télérama.

Dans Tirez sur le pianiste, Truffaut choisi ainsi deux chansons de Boby Lapointe, interprétées par l’artiste lui-même, Marcelle et Avanie et Framboise. Pour l’histoire, le producteur du film, Pierre Braunberger, avait suggéré de sous-titrer intégralement la séquence sautillante de Avanie et Framboise, en espérant qu’elle soit supprimée. Mais Truffaut accepte ce compromis, ravi de coller au caractère hétérogène du film !

 

Autre chanson marquante de la filmographie de Truffaut, celle interprétée par Jeanne Moreau, Le tourbillon, dans Jules et Jim en 1962. Cette chanson avait été écrite sept ans avant le film, et n’y était donc pas dédiée, mais elle est devenue le symbole même de l’œuvre.

 

Pour L’amour en fuite, sorti en 1979, Truffaut demande à Alain Souchon, révélé quelques années plus tôt notamment avec son titre J’ai dix ans, de composer la musique qui constituera le générique du film.

 

François Truffaut considérait que la musique était un peu comme une question de grammaire pour ses films. « Si l’on accepte de comparer un film à un roman, je mets de la musique sur les images quand nous passons du passé à l’imparfait ». Il a ainsi accordé tout au long de sa carrière beaucoup d’importance à la musique qui accompagnait ses œuvres.

 

A découvrir, une playlist RF8 des musiques de François Truffaut :

A voir également, l’exposition à la Cinémathèque Française, et un coffret de 5 CDs, « Le Monde Musical de François Truffaut » paru chez Universal.

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