Gloria : "C'est bien que le psyché perdure"

Le 14 décembre 2017 par
Gloria : "C'est bien que le psyché perdure"
Wendy, Beatrice, Amy , Josselin, Kid et Thomas = Gloria | DR

Le groupe lyonnais a déroulé son rock sixties aux Trans Musicales cette année. Rencontre à Rennes avec ce sextet espiègle qui vient de mettre en ligne son nouveau clip "The Rain Is Out".

3 garçons aux instruments, 3 filles au micro, et une passion : le rock sixties. Amy, Wendy, Béatrice, Josselin, Thomas et Kid Victrola forment aujourd'hui la joyeuse troupe de Gloria, un sextet féru de pop-music à l'ancienne et de passage aux Trans Musicales pour présenter leur nouvel EP "The Rain Is Out".

Comment vous êtes-vous tous rencontrés pour monter ce projet ?

Kid : Au départ, on est une bande de copains et on est aussi une sorte de famille par extension, il y a des frères et sœurs, des couples, des beaux-frères. Emmy nous a rejoints il y a un peu plus d'un an. On se connaît depuis des années avec Josselin et cela fait 20 ans qu'on fait de la musique ensemble, comme un vieux couple.

Qu'est-ce qui vous passionne le plus dans le rock sixties ?

Kid : Quand on est fan de musique et qu'on découvre tout ce qui a été fait avant, c'est évidemment une période où beaucoup de choses importantes se sont passées qui la rendent assez incontournable. J'ai pour ma part un goût particulier pour le son de cette époque, car il était plus brut, plus authentique, et avec moins de trucages en studio. Le son des instruments de cette époque, la manière qu'avaient les gens de jouer, la manière qu'ils avaient de se saper, ce dont ils parlaient aussi me séduit. Mais on écoute aussi énormément de choses dans Gloria, il y a d'autres influences que le rock sixties qui est finalement d’abord l'enveloppe de notre groupe.

Comment fait-on du rock sixties aujourd'hui sans tomber dans les références du genre ?

Kid : A vrai dire, je ne suis pas obsédé par le son et les instruments des années 60. J'avais envie d'aller dans ce sens-là mais on a tous joué - et on joue encore - dans d'autres groupes qui ont des styles très différents. Il y a la volonté que ça sonne sixties, mais ensuite, il y a la musique qu'on fait et cela, on ne cherche pas spécialement à le contrôler. On n’est pas des gens des années 60 et on ne cherche pas à faire quelque chose de particulièrement authentique ou à reproduire un son particulier. D'ailleurs dans les années 60, ils ne se disaient pas « on fait un son sixties », ils se disaient « on fait des disques » avec un esprit hyper ouvert, et on essaie de faire pareil.
 

Les jeunes des années 60 étaient-ils plus cool que ceux d'aujourd'hui ?

Wendy : Je n'aurais pas spécialement aimé être une femme dans les années 60.

Kid : On fait référence aux girl groups, mais la réalité des girl groups, c'était des producteurs qui mettaient des filles devant un micro. Bon, c'est un peu ce que j'ai fait c'est vrai, mais c'est un peu plus que ça quand même (rires). Ils avaient plus d'occasions de jouer, ils avaient aussi écouté de la très bonne musique, ils connaissaient le rock n roll des années 50, le jazz... La grosse mode pour être cool dans les années 60, c'était d'écouter du jazz, c'était Blue Note, les jeunes avaient donc des références plus conséquentes qu'aujourd'hui.

Pourtant dans vos clips, vous jouez sur cette esthétique et cette légèreté de la jeunesse des années 60...

Oui, d'autant que certains sont en fait réalisés avec des images d'archives. Mais ça peut être trompeur : dans le clip de Beam Me Up par exemple, on a utilisé des images d'archives d'un film américain de propagande anti-drogue qui dénonce la débauche des jeunes hippies. Nous, on retourne cette idée et ça devient drôle, mais à la base, ils ne sont pas censés être cools justement !

De quoi parle votre nouveau clip « The Rain Is Out » ?

Thomas : J'y joue un beauf des années 70 qui se tape plein de nanas. Et je me fais tabasser par 3 princesses avec des belles couleurs et de belles robes.

Wendy : C'est la fin de la naïveté pour nous qui sommes de pauvres princesses et qui ont vécu de grandes désillusions. Nous voyons clair dans son jeu à présent.

Kid : L'idée c'était de partir du texte qui est revendicatif à l'égard d'un garçon et d'habiller Thomas avec une belle moustache et sa mobylette bleue. On a improvisé tout ça en 3 jours avec une caméra, et voilà.

Vous sortez bientôt un nouvel EP, que pourra t-on y trouver ?

C'est en fait presque un mini-album qu'on sort avant un prochain album qui viendra plus tard. Sur ce nouveau disque, il y a toujours ce même son qu'on aime bien mais on s'autorise peut-être plus de choses dans des styles différents, des choses qui pour le coup n'auraient pas forcément été faites dans les années 60. Le son oui, mais la manière de jouer moins. Ce disque est assez varié, mais ça reste de la pop music, des chansons quoi.

Plusieurs groupes psyché ont fait fureur aux Trans cette année, d'où provient cet engouement selon vous ?

Ce qui est marrant avec le psyché, c'est que pour les gens plus jeunes que nous, cela ne signifie pas forcément la même chose. Les groupes plus jeunes s'autorisent à avoir un son qui pour le coup n'est pas forcément années 60, mais c'est l'esprit qui est psychédélique. C'est bien que le psyché perdure un peu, car cela permet de retrouver dans la musique de la longueur, de l'improvisation, de la mélodie, et des couleurs différentes. C'est un fourre-tout dans lequel on se met sans problème.

Gloria The Rain Is Out

The Rain Is Out, nouvel EP de Gloria est attendu en mars prochain sur le label Howlin' Banana Records.

Commentaires