Hommage à Lou Reed 1942-2013

Le 28 octobre 2013 par

Le chanteur du mythique groupe « Velvet Underground » est mort dimanche 27 octobre à 71 ans.

Le chanteur du mythique groupe « Velvet Underground » est mort à 71 ans.

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C’est le magazine américain Rolling Stone qui a annoncé la triste nouvelle, Lou Reed n’est plus. Les circonstances de sa disparition ne sont pas encore connues mais le chanteur né en 1942 avait du subir une transplantation du foie en mai dernier, comme l’expliquait sa femme Laurie Anderson.

Icône du pop art de la Factory de Warhol, du bruit et de la beauté. Lou Reed approchait la musique de façon minimaliste et a façonné 50 ans d’histoire du Rock, et ses influences larges allaient bien au delà du rock, du do wap au modern jazz et le free jazz en particulier (Don Cherry et Ornette Coleman)

Auteur d’une trentaine d’albums et de classiques tels que « I'm Waiting for the Man »,« Heroin », «Perfect Day », « Walk on the Wild Side », « Sweet Jane »

 

 

Sur Twitter les hommages sont nombreux, de Kim Gordon de feu Sonic Youth en passant par Iggy Pop et Bowie ou John Cusack qui avait ajouté à la B.O de High Fidelity le crépusculaire « Who Loves the Sun » du Velvet.

 

 

 

 

 

>>Lou Reed, Une vie cabossée :

Lou Reed (de son vrai nom Lewis Alan Reed) né le 2 mars 1942 à Freeport et décédé le 27 octobre 2013 à New York. Il était un musicien-auteur-compositeur et photographe américain. 

Petit fils d'immigrés juifs, il étudie le piano dès l'âge de 5 ans mais il se passionne pour le rock and roll, le doo wop, la littérature, le jazz moderne et le free jazz en particulier (Don Cherry et Ornette Coleman notamment) et préfère la guitare, qu'il apprend en copiant les disques de sa collection.

Adolescent, il subit le traumatisme de séances d'électrochocs pour éradiquer son homosexualité. Cette expérience dévastatrice sera évoquée dans la chanson "Kill Your Sons" en 1975. Il commence à consommer des traitements, rendant très dépendant, prescrits à la suite de ces séances d'électrochocs, et cherche à exprimer son traumatisme par des textes d'une grande radicalité. Touche-à-tout anticonformiste et provocateur dans ses tentatives et tentations d'exister par l'art, il délaisse les études après une licence de lettres et fait du théâtre, écrit des poèmes, des chansons, un opéra et une sonate pour violon et piano, enregistre un disque et anime une radio pour y diffuser les musiques qu'il aime. Il fréquente les artistes de New York, les jazzmen du Five Spot Café notamment (Thelonious Monk, John Coltrane, Ornette Coleman...). Delmore Schwartz, un poète et professeur exerce sur lui un ascendant considérable, tout comme les beatniks (Burroughs, Kerouac...) ou les romanciers du roman noir américain. Il voue une passion aux drogues, qu'il explore de façon systématique, du chanvre indien aux amphétamines, de la codéine au L.S.D. 

Tandis qu'il occupe un emploi alimentaire dans la maison de disques Pickwick International, il rencontre en 1964 John Cale, puis Maureen Tucker et Sterling Morrison : le quatuor devient The Velvet Underground, groupe méconnu à son époque et passé depuis lors à la légende. Le groupe est repéré au Café Bizarre par Brigid Polk, une cinéaste marginale qui fréquente l'atelier d'Andy Warhol, un ancien dessinateur publicitaire devenu peintre. Warhol, homosexuel timide et introverti, connaît alors une grande notoriété avec ses toiles et cherche à se diversifier. Il se rend au Café Bizarre et, avec son associé cinéaste et homme d'affaires Paul Morrissey, décide de devenir le manager du Velvet Underground, qui, fin décembre, vient répéter dans son atelier, la Factory. Le local est fréquenté par les artistes et les marginaux de l'époque. Warhol leur impose de prendre la chanteuse Nico, un mannequin allemand qui, après quelques films (entre autres La Dolce Vita de Fellini), un enregistrement avec Serge Gainsbourg en 1962 (Strip-Tease) et un disque produit par le producteur des Rolling Stones Andrew Oldham (I'm Not Saying, 1965), a rejoint la Cour des Miracles de la Factory.

Warhol finance la production et l'enregistrement de quelques titres et organise des spectacles multimédias où il reprend le principe de jouer devant un écran de cinéma en y projetant ses propres films sur les thèmes sulfureux évoqués par le Velvet Underground : homosexualité, drogue, transsexualité, mort. Ils marquent fortement les Doors, venus les voir jouer. Warhol finance de nouveaux enregistrements, dont la réalisation artistique est assurée par le producteur de Bob Dylan, Tom Wilson, qui publie l'album sur le label de jazz dont il est directeur artistique, Verve Records. "The Velvet Underground and Nico" paraît en mars 1967. Andy Warhol est l'auteur de la couverture du disque, une banane autocollante qui, quand on la décolle, révèle un fruit à la chair rose à côté de la mention "Produced by Andy Warhol". L'album contient des compositions marquantes, comme "I'm Waiting for the man", "Heroin", "European Son", "Sunday Morning". La réalisation, plutôt bâclée, montre que l'impulsion peut avoir plus d'importance que la finition, et sera une grande inspiration pour le mouvement punk dont cet album est la première pierre fondatrice. L'album choque et n'a aucun succès.

Un deuxième album paraît en décembre 1967, "White Light/White Heat". Le groupe atteint un des sommets de sa créativité débridée dans le morceau "Sister Ray", réalisé en une seule prise de dix-sept minutes. John Cale quitte peu après le groupe et est remplacé par Doug Yule. Ce dernier participera aux deux albums suivants du groupe : "The Velvet Underground" (1969) et "Loaded" (1970). Avant la sortie de ce dernier, Lou Reed quitte le Velvet Underground et la musique pour se retirer chez ses parents jusqu'à la fin 1971.

L'apogée artistique de Lou Reed sans le Velvet Underground se situe entre 1972 et 1976, avec les albums "Berlin" (1973) et "Coney Island Baby" qu'il sort après l'échec fracassant de "Metal Machine Music" (1975), projet expérimental précurseur de ce que l'on appellera plus tard la musique industrielle, et plus tard encore la noise. 

Sa discographie sera ensuite composée d'albums qui n'atteindront plus jamais ces hauteurs : il cherche ses repères avec des albums importants mais déroutants tels que "Rock and Roll Heart" (1977), "Treet Hassle" (1978), puis "The Blue Mask" (1982).

Plusieurs albums live enrichissent sa discographie dont "Rock 'n' Roll Animal" (1974) et "Lou Reed Live" (1975), qui figurent parmi les meilleurs disques de live du rock, et le très amusant "Take No Prisoners" (1978). En 1985, il participe à l'album "Sun City" contre l'Apartheid à l'initiative de Steven van Zandt.

En 2003 paraît "The Raven", référence décadente et post-punk à Edgar Allan Poe. Il y reprend deux vieux titres ("The Bed" et "Perfect Day"), avec David Bowie chantant ("Hop Frog") et récitant un poème ("Le corbeau - The Raven" d'Edgar Allan Poe). Cet album original reste très éloigné du grand public, qu'il a du mal à convaincre.

Le 25 avril 2008, le New York Post révèle qu'il a épousé en secret, au Colorado, le 12 avril, sa compagne depuis le milieu des années 1990, l'artiste expérimentale Laurie Anderson.

Le 20 octobre 2008, à l'occasion de la publication de l'intégrale de ses chansons Lou Reed a lu, au 104 à Paris, plusieurs de ses textes, et a participé en public à une entrevue. La soirée a été filmée par la chaîne Arte et enregistrée par France Culture (cf émission 'Surpris par la nuit' diffusée le 24/11/2008).

 

>>Ecoutez une sélection de 5 albums de Lou Reed:

Lou Reed a aussi publié deux volumes regroupant ses oeuvres photographiques : Emotion in action, et Lou Reed's New York.

 

C’est un dimanche matin que Lou Reed est décédé, le premier titre de l’album à la banane « The Velvet Underground et Nico » commençait par Sunday Morning .

 

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Par: Equipe Fip

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