L'étranger de Benjamin Clementine

Le 21 août 2017 par
L'étranger de Benjamin Clementine
Benjamin Clementine en 2016 © Andrew Lipovsky/NBC/NBCU/Getty

Deux ans après "At Least For Now", le pianiste et chanteur sort "I Tell A Fly", un album sensible et poignant qui traite de l'identité et de l'errance des migrants.

Acclamé et couronné d'une Victoire de la Musique et du Mercury Prize en 2015 pour son premier album At Least For Now, c'est à Paris que le chanteur londonien s'est fait connaître. Une voix singulière, évoquant Nina Simone et Terry Callier, des mélodies bouleversantes au piano et un art de conteur hors pair qui l'ont conduit jusqu'à New York avant de revenir dans sa ville natale. Avec son écriture  mystérieuse et allusive, Benjamin Clementine nous narrait ses années de galères et de solitude, depuis, il a beaucoup voyagé, observé ce monde qui nous entoure et revient le 15 septembre avec onze nouveaux titres ouverts sur l’extérieur et l’avenir. I Tell A Fly dont il est l’unique interprète, musicien et producteur, évoque le migrant, le déplacé, l’étranger, le réfugié, le harcèlement de ces populations fragiles. 

Une situation dont témoignent God Save The Jungle, consacré au fameux camp de Calais, ou d’une façon plus allusive One Awkward Fish, qu’il considère comme une version revisitée de la métaphore de Strange Fruit, ou plus explicitement The Phantom of Aleppoville, l’une des chansons phares de l’album qui aborde le sort harcèlement des enfants réfugiés à Alep. 

Benjamin Clementine nous avait séduits avec ses ballades au piano déstructurées, sur ce deuxième album il a cherché de nouveaux sons. Fervent admirateur depuis sa tendre enfance des compositeurs classiques comme Erik Satie et Claude Debussy, Benjamin Clementine s'est inspiré ici du travail d'Isao Tomita, pionnier de la musique électronique japonais, décédé l’an dernier. Lors de sa collaboration avec Gorillaz sur la chanson ‘Hallelujah Money’, il a trouvé  un synthétiseur Fender Rhodes Chroma Polaris cher à Tomita, qui confère ici un côté étrange et parfois hallucinatoire lorsqu'il utilise le son de clavecin.

Cet album a pour but de traiter de sujets qui nous concernent tous aujourd’hui, sans ignorer qu’ils ne sont pas prêts de disparaître. Ils seront toujours récurrents. Ce n’est pas très diplomatique de ma part, mais en tant qu’artiste je me dois de le dire. Nous sommes en errance. Tout le monde est en errance. Comme tout le monde. Je suis un étranger, tu es un étranger. Et c’est ainsi. Benjamin Clementine 

Benjamin Clementine est en concert :
le 6 novembre au Théâtre Femina à Bordeaux
le 7 novembre au Grand Rexà Paris
le 9 novembre au Théâtre Sébastopol à Lille

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