L'introuvable "Ellington on the air" du Louis Sclavis Sextet refait surface

Le 19 octobre 2016 par
L'introuvable "Ellington on the air" du Louis Sclavis Sextet refait surface
© IDA

Oh merveille, jeudi 20 octobre, Ouch ! Records réenchante nos platines avec ce petit bijou made in France de 1992.

Django d'or 1993 dans la catégorie "Meilleur disque de jazz français de l'année", l'album Ellington on the air du Louis Sclavis Sextet, édité sur le label IDA de Philippe Vincent, voit à nouveau le jour. Ces partitions d’orfèvres autour de l’univers du Duke, composées et servies par des instrumentistes hors pairs, furent enregistrées aux Gimmick Studio, à Yerres en 1991. Remasterisé magistralement, l'enregistrement sort en vinyle en 500 exemplaires, sur le nouveau label prometteur Ouch ! Records. Une version digitale sera aussi proposée par Cristal Records.

« J’ai toujours ressenti une proximité avec la musique et le son de l’orchestre de Duke Ellington ; ses suites en particulier m’ont, comme les symphonies de Beethoven, raconté dès l’enfance des histoires familières. » Louis Sclavis

Louis Sclavis, musicien et compositeur, on ne peut plus travailleur, curieux et créatif, du jazz d’aujourd’hui, explore sans relâche de nouveaux terrains d’aventure. Il débute sa carrière en 1975 au sein du Workshop de Lyon puis participe à la fondation du collectif ARFI. Au début des années 80, adepte du free jazz, le clarinettiste se frotte aux formes et aux harmonies structurées d’un jazz qu’il connaît peu en jouant avec le contrebassiste Henri Texier. La prise de conscience initiée sera déterminante tout comme le fut sa rencontre avec le batteur Bernard Lubat. Depuis Sclavis arpente les scènes d’Europe et du monde de 8 à 9 mois par an. Sclavis, le défricheur, a toujours eu l’intelligence des projets. Le disque Ellington On The Air faisait suite à son hommage à Duke Ellington au Festival de Jazz de Paris en 1991, initié avec un très bel orchestre composé de fortes personnalités : le violoniste Dominique Pifarély, le contrebassiste Bruno Chevillon, le tromboniste Yves Robert, le pianiste François Raulin et le batteur Francis Lassus. Cette recréation lumineuse, inspirée de l'oeuvre du maître, en extrait la quintessence et la réinvente.  

" Philippe Tessier Ducros, qui avait réalisé l’enregistrement, l’a remasterisé d’une façon remarquable, le son est bien meilleur que sur le cd de 91, et ce seul travail justifie pleinement la ressortie de ce disque. C’est un grand plaisir pour moi de continuer à faire vivre ce projet après l’avoir beaucoup joué pendant des années dans de nombreux pays et de nombreux festivals ...." Louis Sclavis

Amoureux des disques vinyles, le saxophoniste Lionel Martin ne choisit pour son label, que des coups de coeur. Si le premier se tourne vers Louis Sclavis, ce n'est pas un hasard. Adolescent, confie-t-il à FIP, il jouait dans la rue, pas loin de chez Louis Sclavis qui s'arrêtait parfois : " Attention, sur "Well you needn'nt " Monk ne commençait pas par un Si  ...". Depuis ils ont fait quelques concerts ensemble. " Ces conseils étaient précieux, venant d'une personnalité que j'admirais. J'aime toujours autant son énergie, son implication, sa musicalité ". Lorque je lui ai demandé s'il voulait me confier un disque, il a tout de suite pensé à "Ellington on the air", devenu introuvable. Souvent dans la musique on glane, on pique aux autres . J'ai écrit en 2000 un thème en hommage à Sclavis et à Agnès Varda qui s'appelle "les glaneurs". Voilà une manière de le remercier pour tout son apport à cette musique.

Parmi les autres pépites à découvrir sur le label Ouch Records : Jazz Before Jazz, une relecture fort élégante de l'oeuvre de Gottschalk par Mario Stanchev et Lionel Martin, Yetchalal, de uKanDanZ, un groupe que FIP vous faisait découvrir avec l'album Awo, ou encore Sate, ou Saidah Baba Talibah, une chanteuse canadienne puissante et à suivre :


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