Le Gwoka universel du batteur Arnaud Dolmen

Le 31 août 2017 par
Le Gwoka universel du batteur Arnaud Dolmen
Arnaud Dolmen © Alexandre Lacombe

Dans un premier album magistral, "Tonbé Lévé", le prodige guadeloupéen fait danser les polyrythmies du Gwoka sur un air de jazz hybride et irrésistible.

À l'instar de son ami Sonny Troupé, le jeune batteur et percussionniste Arnaud Dolmen fait partie de cette nouvelle génération de musiciens qui perpétuent et modernisent l'héritage musical des rythmes caribéens et particulièrement du Gwoka, la musique et danse traditionnelle de la Guadeloupe. Un art et une philosophie aux origines africaines, qu'il a étudiés dès son plus jeune âge auprès du maître Georges Troupé avant de s'envoler pour Toulouse et étudier l’École de Batterie Dante Agostini. Depuis, son jeu aérien et sa maîtrise rythmique en ont fait le partenaire idéal de Jacques Schwarz- Bart, Baptiste Trotignon, David Linx, Bojan Z, Laurent de Wilde, Naïssam Jalal, Grégory Privat, Alain Jean-Marie, Donald Brown ou encore Lisa Simone.

Avec les treize titres originaux de son premier album Tonbé Lévé, prévu le 6 octobre, le batteur délivre des mélodies simples et élaborées aux arrangements précis et luxuriants transcendées par le pianiste Léonardo Montana, le saxophoniste Adrien Sanchèz et le contrebassiste Joachim Govin ainsi qu'une pléiade d'invités.

Dès les premières notes du quartet, la magie opère, les mélodies et les rythmiques caribéennes embrassent un jazz hybride dans un hymne optimiste au métissage. Un bal subtil et enivrant où le Gowka devient universel et hors du temps, au gré de tempêtes rythmiques, de balades mélodiques enchanteresses, de groove puissant, de bop, jazz fusion ou spiritual jazz. Les couleurs musicales se superposent avec la présence du grand pianiste martiniquais Mario Canonge, du guitariste béninois Lionel Loueké, du groupe féminin guadeloupéen Fanm Ki Ka, du chanteur guadeloupéen Erik Pédurand ou de la chanteuse jazz parisienne Cynthia Abraham.

Je me revois, petit garçon de quatre ans émerveillé face à cette première célébration du Gwoka, le léwòz1 (Un des sept rythmes du Gwoka.). Un homme danse dans la wonn (Créole du mot ronde.) sur le rythme du léwòz. Il exécute des pas aux allures titubantes. Je me demande si il est vraiment tombé ou si c’était une feinte? Il s’agissait du "tonbé lévé" (le déséquilibre contrôlé dans la danse Gwoka.). 26 ans plus tard j’ai compris que le "tonbé lévé" du danseur, au delà de la wonn et du jeu avec le makè (Tambour soliste du Gwoka.) est une philosophie de vie. Arnaud Dolmen

Arnaud Dolmen couv Tonbé Lévé

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