Le maloya-fusion de La Réunion (1975 à 1986)

Le 21 juin 2017 par
Le maloya-fusion de La Réunion (1975 à 1986)
La Basse Tropicale : DJ KonsöLe (Antoine Tichon) et DJ Natty Hô (Dinh Nguyen)

Strut Records a compilé le meilleur de l'extraordinaire bouillonnement créatif et festif de la scène réunionnaise et de son maloya métisse dans les années 70.

Après la compilation Soul Sok Sega consacrée à la scène mauricienne des années 70's, le label londonien Strut Records continue d'explorer les trésors musicaux de l'Océan Indien avec Oté Maloya : The Birth of Electric Maloya on Réunion Island. Une série de 19 pépites sélectionnées par le duo de DJs réunionnais La Basse Tropicale et enregistrées par la scène réunionnaise avant-gardiste à partir du milieu des années 70. Une époque où le Maloya traditionnel, originellement baptisé séga et désignant les chants-musiques-danses des esclaves, va fusionner avec le jazz, les musiques psychées, le reggae, le rock, la soul ou le funk. Guitare basse, guitare électrique, synthétiseur, batterie entrent alors dans le bal Maloya et s’harmonisent avec les instruments acoustiques d’origines africaine, malgache, indienne: rouleur, piqueur, cayambe, bobre, takamba...

Si aujourd'hui le Maloya est représenté par Danyèl Waro ou Christine Salem, les années 70 ont été marquées par le groupe Caméléon, le classique Maloya Ton Tisane de Michou, le breakbeat de Daniel Sandié Défoule 3e Age ou encore l’approche plus traditionnelle de Pierrot Vidot ou du crooner Maxime Lahope. Une époque de bouillonnement créatif et festif mais aussi de luttes politiques et identitaires, le genre devient alors l’expression culturelle des revendications en créole.

J’ai composé Oté maloya lorsque je jouais avec ma troupe “Les Jeunes Gaillards". Cette chanson a un double sens. D’abord, elle parle de la manière dont on danse dans les “kabaré maloya”. Le second sens est plus politique. Le maloya avait été réprimé pour des raison politiques quelques années auparavant et, au début des années 1980, il fallait encore se mobiliser pour se faire entendre. C’est pourquoi j’ai écrit ceci: “Oté, Maloya / Ti fé mal amoin / M’a tombé lévé, m’a danse aou même” (Oh, Maloya / Tu me fais mal / Même si je tombe, je me relèverai / Je te danserai quand même). Jean-Claude Viadère

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