Le merveilleux son des mots de Camille Bertault

Le 05 janvier 2018 par
Le merveilleux son des mots de Camille Bertault
Camille Bertault © Paul Rousteau

La chanteuse Camille Bertault sort "Pas de géant", un deuxième album éblouissant de liberté où les mots dansent avec passion.

Camille Bertault a travaillé le piano pendant vingt ans mais elle préférait chanter. Elle a bifurqué vers l’art dramatique, là aussi elle y chante version cabaret avant d'être rattrapée par la spontanéité du jazz et d'en étudier les harmonies et la composition. Derrière ces expériences, une passion pour l'écriture, pour le son et le sens des mots qu'elle rythme, à l'envie, à toute vitesse ou langoureusement. Sur "Pas de géant", attendu le 19 janvier, Camille Bertault s'approprie aussi bien La Femme coupée en morceaux de Michel Legrand, Je me suis fait tout petit de Brassens, Conne de Brigitte Fontaine ou Comment te dire adieu de Serge Gainsbourg.

Pas de géant est bien sûr un clin d'oeil à cette vidéo virale de cette traduction littérale du Giant Steps de John Coltrane qui l'a fait connaître au moment où elle enregistrait son premier album En Vie. Un exercice qu'elle adore, improvise parfois sur scène avec toute sa flamme. Liberté est le maître mot de l'art de la chanteuse avec les notions de passion, d'humour et de plaisir. Car au delà de son évidente virtuosité vocale et de ses talents d'écriture et de composition, Camille Bertault nous renvoie au bonheur d'écouter le son des mots, de rire des espiègleries de la langue, d'être ému tout simplement, que ce soit sur la musique de Ravel, des Variations Goldberg de Bach, Wayne Shorter ou Bill Evans.

J’ai voulu un album qui me ressemble au plus près plutôt qu’un album qui ressemble au plus près au genre auquel il appartient. Camille Bertault

Elle chante en français, anglais ou en brésilien toujours avec le même bonheur, scate avec un sens des espaces et une énergie nous renvoyant aux belles années des Double Six ou Betty Carter. Camille Bertault fait danser ses textes raffinés comme Elis Regina, swinguer les mots comme Nougaro, aidée par une dream team franco-américaine : le pianiste Dan Tepfer, le saxophoniste Stéphane Guillaume, l'accordéoniste Daniel Mille, le tromboniste Matthias Malher, les bassistes  Christophe « Disco » Minck ou Joe Sanders à la basse, Jeff Ballard à la batterie.  Et puis il y a ce splendide Là où tu vas, avec son texte drôle, lettré, humble et provocant à la fois, placé sur la musique de Coltrane avec l'approbation de son héritier Ravi Coltrane. Camille Bertault s'est créé un univers merveilleux, où la poésie des mots swingue en toute liberté.

Camille Bertault est en concert:
le 20 janvier au Trianon à Paris (Festival Jazz Magazine)
le 8 mars au Café de la Danse à Paris

 

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