Les lauriers techno de French 79

Le 20 octobre 2016 par
Les lauriers techno de French 79
Simon Henner aka French 79 | Cauboyz

Le premier album solo du producteur marseillais sort ce vendredi, un disque rayonnant à découvrir en avant-première avec FIP.

Simon Henner aime les cocktails. Une passion à l’origine même de son nom de scène, référence au méconnu et antique French 75 mêlant Cognac, Champagne et jus de citron. En musique aussi, ce Marseillais d’adoption affectionne le mélange : clavier, guitariste, chanteur, et couteau suisse sonore de Nasser puis de Husbands, le trentenaire a multiplié les trajectoires sur deux des plus excitants projets qu’a connus la scène phocéenne ces dix dernières années. Dance-punk avec le premier, electro-pop sur le second, French 79 ne s’est en fait jamais éloigné des machines avec lesquelles il a trouvé ses inspirations les plus fertiles, enchainant les remixes et les collaborations intelligentes. Un parcours à la Yuksek, où après le temps des groupes est venu progressivement celui d’une vision musicale personnelle.

Olympic, son premier album solo est à l’aune de cette intention : un disque de musique électronique au sens plein du terme, millimétrée et foisonnante, où la stricte production s’efface devant la fraicheur des mélodies, des voix et des ambiances. Un disque d’aujourd’hui, à écouter dès maintenant et en exclusivité ci-dessous :

La genèse d’Olympic paraît presque trop simple lorsqu’on évoque avec son auteur les débuts de son aventure solo. Quasiment un spin-off de son projet Husbands, dont French 79 a tiré des chutes de studio, des boucles, et du matériel sonore inutilisé. De là, l’envie d’un disque a pris forme même si l’idée initiale d’un album très homogène s’est progressivement muée en projet multi-facettes, où pop et dancefloor se combinent habilement : « Au début, c’était un projet très électro et finalement, ça s’est un peu à peu détourné. C’est plutôt des chansons de pop avec un pied sur tous les temps. J’aime en fait trop les mélodies qu’on peut retenir, les lignes de chant pour ne pas en inclure… et ça s’est fait ainsi ».

A 37 ans, Simon Henner a logiquement découvert la musique électronique avec la French Touch première du nom, lorsque Bangalter, de Crécy et autres Zdar faisaient rugir la house hexagonale des années 90. Une révélation qui a marqué l'adolescent et l'a poussé à acquérir à cette époque ses premiers synthés. 20 ans ont passé et son premier disque solo lorgne aujourd'hui plus vers les esthétiques de Rone, Superpoze, et la génération qui incarne le renouveau hexagonal. Mais aussi outre-Rhin avec des titres comme Olympic ou DDROP qui rappellent la jeune garde du label Kompakt ou encore Paul Kalkbrenner.

Hormis le clin d’œil vintage appuyé de Hush Hush, le disque multiplie ainsi les strates et les influences modernes : « C’est ce que j’aime beaucoup dans la musique électronique actuelle, il y a de la mélodie même lorsque c’est dancefloor. C’est vrai que j’ai une attirance vers le son allemand et des artistes comme Kölsch, mais aussi pour Jamie XX ou SBTRKT ».

Simon Henner French 79 2

Une inspiration anglaise que l’on retrouve sur Golden Times, un titre teinté de neo-soul où le producteur prend une voix murmurante qui fait mouche. Car le chant est bien présent sur Olympic et c’est une des forces du disque, qu’il serve la pop de Lovin’ Feeling avec le complice Kid Francescoli, où les envolées célestes du magnifique Diamond Veins, dans la lignée du meilleur de Kavinsky : « C’est aussi ce qui me plait dans le format album, tu peux prendre plusieurs directions contrairement à un EP où tu dois t’affirmer sur 2, 3 titres. Je voulais vraiment faire un disque que tu peux écouter aussi bien le matin en te levant, pour danser, que pour aller courir ».

Une ambition risquée pour le producteur qui a dû peaufiner chaque titre du disque comme s'il s'agissait d'un projet à part entière, loin des albums inégaux voire bâclés qui parsèment le genre. Pour cette première course en solo, French 79 peut être rassuré. Avec Olympic, il a bel et bien conquis ses lauriers électroniques.

Olympic sort le 21 octobre 2016 sur le label Alter-K. Release party jeudi 20 octobre au Point FMR (Paris).

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