Mavis Staples, rageuse sur "If All I Was Was Black"

Le 08 novembre 2017 par
Mavis Staples, rageuse sur "If All I Was Was Black"
Mavis Staples / Chris Strong

L'icône soul de Chicago dresse un bilan acide de l'Amérique de Trump sur un nouvel album réalisé avec son complice Jeff Tweety.

Alors que Donald Trump fête sa première année en tant que président, les artistes sont plus mobilisés que jamais, signe d'une Amérique profondément divisée. S'il est une voix qui porte c'est bien celle de la chanteuse et activiste Mavis Staples, qui défendait en janvier l'American Civil Liberties Union en duo avec Arcade Fire sur le titre I Give You Power. La légende soul gospel, qui marchait aux côtés de son ami Martin Luther King dans les années 60, a fait le constat amer que "rien n'a changé" suite aux violences raciales et aux récents évènements tragiques de Charlottesville. Pour la troisième fois depuis 2010, Mavis Staples a fait appel au leader de Wilco Jeff Tweedy pour écrire et produire l'album If All I Was Was Black prévu le 17 novembre sur Anti-Records.

Si les deux premiers albums du duo, You Are Not Alone (2010) et One True Vine (2013), étaient d'un ton assez léger et apolitique, l'heure n'est plus à la fête pour Mavis Staples, qui rageuse, à coécrit trois des onze protest songs de l'album aux titres explicites If All I Was Was Black, Build A Bridge, Try Harder, Peaceful Dream... A 78 ans, l'artiste dit avoir trouvé l'énergie et l'inspiration dans l'engagement de la jeune génération d'artistes comme Gorillaz ou Benjamin Booker avec qui elle a chanté. Après avoir tourné tout l'été 2016 avec Bob Dylan et sorti l'excellent Livin’ on a High Note, l'icône soul-gospel de Chicago continue avec classe son combat pour les droits civiques commencé il y a 60 ans. Sa voix grave, profonde est sublimée ici par les productions country blues et groove de Jeff Tweedy.

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