Metá Metá au cœur du chaos brésilien

Le 09 août 2016 par
Metá Metá au cœur du chaos brésilien
Metá Metá © José de Holanda

Le trio jazz punk de São Paulo sort son troisième album "MM3" le 26 août et sera en concert le 4 septembre au Festival d'Ile de France à Paris.

Repéré en 2014 dans notre série les nouveaux sons du Brésil, le trio pauliste Metá Metá nous avait offert une session live mémorable dans les coulisses des Trans Musicales. Artistes emblématiques de la scène foisonnante de São Paulo, la chanteuse Juçara Marçal, le saxophoniste Thiago França et le guitariste Kiko Dinucci s'apprêtent à sortir leur troisième album "MM3" sur le label Jazz Village. Un nouveau cri extatique et libertaire contre la corruption de la société brésilienne à l'heure où les JO de Rio trustent les chaînes du monde entier. Entre improvisations jazz punk et mélodies post-rock, chants incantatoires et influences afro-brésiliennes, Metá Metá transcende à nouveaux les univers musicaux avec un album plus sombre que les précédents.

Formé en 2008, Metá Metá, qui signifie "trois en même temps", sortait en 2011 un premier album au son minimaliste avec peu d’instruments, entre folklore imaginaire inspiré du Candomblé, une des religions Afro-Brésiliennes où chaque Orixa (divinité) possède son chant et ses rythmes. Un an plus tard, leur second album "Metal Metal" opérait un changement radical avec un son nettement plus puissant et massif, mêlant influences brésiliennes traditionnelles, africaines, latino, free jazz, punk et avant-garde. Sur ce nouvel opus aux arrangements complexes, le trio évolue dans une autre direction et révèle de fortes influences du Maroc, d’Éthiopie, du Niger et du Mali. Les trois musiciens activistes sont rejoints ici par Siba, Rodrigo Campos, le bassiste Marcelo Cabral et le batteur Sergio Machado tous issus de la scène musicale indépendante de São Paulo.

Notre musique est directement influencée par la crise actuelle, elle est marquée par l’angoisse et la turbulence, à la veille d’un coup d´état. Nous sommes témoins de l’arrivée au pouvoir de la faction la plus conservatrice, réactionnaire et fasciste de la société, infectée par une haine des droits civiques. Une haine reprise, attisée et diffusée par les grands médias, des centaines de chaînes de télévision, de journaux d’information et de magazines, qui sont concentrés entre les mains de cinq familles richissimes et très puissantes. Drôle d’époque pour faire de la musique au Brésil mais, justement pour cette raison, il est d’autant plus important que l’art apporte son contrepoint à tant de désinformation et de haine, et laisse entrevoir la possibilité d’un monde meilleur et plus tolérant. Metá Metá

 
Metá Metá est en concert le 4 septembre au Festival d'Ile de France à Paris. 

Metá Metá couv MM3

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