Mort de Pierre Henry, sorcier du son

Le 06 juillet 2017 par
Mort de Pierre Henry, sorcier du son
Pierre Henry dans son appartement à Paris en 2002 | Raphael Gaillarde/Getty

Le compositeur français, pionnier de la musique électro-acoustique, est décédé cette nuit à l’âge de 89 ans.

Avec Shaeffer, il était l’autre Pierre de la création sonore contemporaine. 22 ans après la disparition du père de la musique concrète, Pierre Henry vient de rejoindre son premier mentor à l’orée de ses 90 ans. C'est Isabelle Warnier, son assistante et sa compagne, qui a annoncé sa disparition aujourd'hui.

Figure attachante du XXe siècle expérimental, Pierre Henry n’a cessé durant toute sa vie de scruter les limites de la composition traditionnelle pour mieux les pourfendre, pour donner à la musique l’ambition « de vivre plus fort, comme le fait tout phénomène vraiment vivant » ainsi qu’il l’écrivait dans un manifeste publié en 1950. Cet adversaire des notes, cet amoureux des sons avec lesquels il a imaginé quelques grandes œuvres contemporaines était un véritable créateur, reconnu à la fin du siècle dernier comme l’un des pionniers des musiques électroniques qu’il a contribué à imaginer avec ardeur dans ses studios d’enregistrement aux allures de laboratoires spatiaux.

C'est pourtant après un parcours des plus classiques au Conservatoire de Paris, avec Olivier Messiaen et Nadia Boulanger que Pierre Henry fait, en 1949, la rencontre décisive de Pierre Schaeffer, avec lequel il fonde le Groupe de recherches musicales (GRM), voué à l'expérimentation en « musique concrète ». C'est d'ailleurs en collaboration avec celui-ci qu'il va écrire notamment la Symphonie pour un homme seul (1950) et l'opéra «concret» Orphée (1951), repris plus tard (1953) avec l'étonnante séquence Le voile d'Orphée, où l'on trouve déjà l'étirement de la durée, caractéristique de son style, et la présence de la mort, qui ne cessera de l'inspirer.

Il entreprend ensuite une longue collaboration avec le chorégraphe Maurice Béjart pour lequel il réalise avec Michel Colombier en 1967 Messe pour le temps présent, dont la piste Psyché Rock demeure encore aujourd’hui son œuvre la plus connue du grand public. Une création d’une modernité effarante, aux cloches si caractéristiques, samplée et remixée par de nombreux disciples célèbres du maitre tels Fatboy Slim ou St Germain :

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