Rétrospective Yasujiro Ozu à la Cinémathèque française du 23 avril au 25 mai

Le 27 avril 2014 par
Rétrospective Yasujiro Ozu à la Cinémathèque française du 23 avril au 25 mai
Rétrospective Yasujiro Ozu à la Cinémathèque française du 23 avril au 25 mai © DR

Fip est partenaire de la rétrospective Yasujiro Ozu à la Cinémathèque française, de la sortie en version restaurée des films "Fin d’automne" et "Bonjour" et d'un coffret dvd


 

 

Alors que Carlotta Films s’apprête à éditer en DVD un coffret Ozu en 14 films (le 25 avril) et à ressortir en salles, en version restaurée, les films "Fin d’automne" et "Bonjour" (le 30 avril), la Cinémathèque française organise, avec Fip, une rétrospective autour du grand cinéaste japonais Yasujiro Ozu du 23 avril au 25 mai 2014.

Yasujiro Ozu

Yasujiro Ozu © DR

 

Un des grands maîtres du cinéma japonais. Découvert tardivement en France, Yasujiro Ozu est né en 1903 à Tokyo, mais passe la majeure partie de son enfance et adolescence à Matsusaka, près de Nagoya. Il y découvre le cinéma, en particulier le cinéma hollywoodien, pour lequel il se passionne. Il se rend alors régulièrement à Nagoya pour voir les films de Chaplin, Murnau, ou Lubitsch, qu’il considère rapidement comme son réalisateur préféré. Il a débuté en 1927 avec le film "Le Sabre de pénitence" écrit par Kogo Noda qui deviendra son scénariste attitré.. Il fera l'essentiel de sa carrière à la Shochiku. Il est l'auteur d'une oeuvre élégiaque, d'une universalité qui dépasse les particularismes culturels, abordant dans des chefs-d'oeuvre comme "Voyage à Tokyo", "Le Goût du saké", les rapports entre la société et l'individu, entre l'individu et la famille, les relations entre générations. En mettant en place un système formel aussi doux qu'implacable, au service d'une mise en scène épurée, Ozu a construit une oeuvre d'une beauté et d'une émotion inégalées.

 

La reconnaissance tardive du cinéma de Yasujirô Ozu en Occident, dans les années soixante-dix, plus de vingt ans après les consécrations d'Akira Kurosawa et de Kenji Mizoguchi, s'explique par la croyance selon laquelle la « japonéité » de son univers aurait été inaccessible à un spectateur lointain. Il est donc paradoxal qu'aux yeux de réalisateurs tels que Wim Wenders, Claire Denis, Alain Resnais ou Hirokazu Kore-eda, la façon si singulière qu'a eue Ozu de filmer le monde soit devenue plus qu'une référence : une source d’inspiration pour d’intimes variations.

Voir le calendrier des projections du cycle Yasujiro Ozu :

Le 25 avril Carlotta Films sortira avec Fip Un coffret OZU 12 DVD réunissant 14 chefs-d'oeuvre réalisés par l'un des cinéastes les plus importants du XXe siècle, et réunis pour la première fois en Coffret Collector 12 DVD. Muets ou parlants, les films de Yasujiro Ozu témoignent d'une carrière magnifique dans laquelle les drames et tracas du quotidien japonais font office de paraboles universelles. Le coffret contient plus de 6 heures de suppléments : courts-métrages de Yasujiro Ozu, entretiens exclusifs et de nombreuses analyses de ses films ! 

- Où Sont Les Rêves De Jeunesse ?
- Une Femme De Tokyo
- Histoire D'Herbes Flottantes
- Récit D'Un Propriétaire
- Printemps Tardif
- Crépuscule À Tokyo

- Choeur De Tokyo
- Une Auberge À Tokyo
- Été Précoce
- Le Goût Du Riz Au Thé Vert
- Printemps Précoce
- Il Était Un Père
- Le Fils Unique
- Voyage À Tokyo
- J'Ai Vécu, Mais... (Documentaire de Kazuo Inoue)

 

Le 30 avril sortiront dans les salles les films "Fin d’automne" (1960) et "Bonjour" (1959) en version restaurée et numérique :

 

Deuxième film en couleurs de Yasujiro Ozu, à la trame narrative proche de celle de Gosses de Tokyo (1932), "Bonjour" prolonge les réflexions chères au cinéaste – les conflits de générations,l’occidentalisation progressive du Japon, notamment à travers l’essor de la société de consommation – grâce à une mise en scène magnifiquement épurée. Ozu s’amuse ici à décortiquer le quotidien d’un quartier de banlieue, avec son lot de commérages et de mal-être inavoué, pour finalement aller à rebours du discours dénoncé par les enfants : loin d’être anodins, les paroles et les gestes de tous les jours sont essentiels pour la communication. Ozu parsème son oeuvre de personnages théâtraux et de situations cocasses, parfois à la limite duburlesque. Bonjour est l’un des films les plus joyeux du cinéaste, atteignant l’équilibre parfait entre minimalisme, humour et observation minutieuse du quotidien.

 

Avec le film "Fin d’automne" datant de 1960, Yasujiro Ozu poursuit son travail sur la couleur et livre une nouvelle étude des moeurs nippones, à la fois délicate et sensible. L’intrigue n’est pas sans rappeler celle de Printemps tardif (1949), l’un des plus gros succès du cinéaste, dans lequel une jeune fille – jouée par l’actrice Setsuko Hara qui interprète ici la mère, Akiko – refuse de se marier pour ne pas abandonner son père veuf. Ozu opte ici pour un ton plus léger, comique par endroits, notamment à travers les personnages des trois compères et celui de la jeune Yukiko, incarnation de la nouvelle génération de Japonaises, modernes et occidentalisées. Avec ce splendide Fin d’automne, Ozu n’en finit pas de prouver ses talents d’humaniste, alliant toujours aussi subtilement tendresse et moquerie bienveillante à l’égard de ses personnages, dans un pays en pleine mutation.

 

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Par: Equipe Fip

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