Roswell Rudd, génie de l’avant-garde jazz, est mort

Le 26 décembre 2017 par
Roswell Rudd, génie de l’avant-garde jazz, est mort
Photo de Frans Schellekens/Redferns

Le tromboniste et compositeur américain est décédé le 21 décembre dernier à 82 ans.

Roswell Hopkins Jr. Rudd, né le 17 novembre 1935 à Sharon dans le Connecticut, est mort jeudi 21 décembre à Kerhonskon dans l’Etat de New York après une longue bataille contre le cancer. Il venait de publier en novembre Embrace, avec la chanteuse Fay Victor chez RareNoise. Roswell Rudd laisse derrière lui une immense carrière.

Il s’était tout d’abord plongé dans le style Dixieland (un style jazz joué par les musiciens blancs, qui s'apparente au New Orleans) avant d'opter pour un penchant plus avant-gardiste. Il était l'un des inventeurs du free jazz des années 60 et passa de nombreuses nuits agitées dans les clubs de New-York avec notamment Cecil Taylor, Archie Shepp, John Tcicai, Don Cherry. Il était aussi un ethnomusicologue averti. 

On se souvient de ses participations en 1971, au projet grandiose Escalator over the hill de Carla Bley et Paul Haines et au Liberation Music Orchestra de Charlie ­Haden. On se souvient aussi de l'album Going home sorti en 1977 où il revisitait le gospel de son enfance. Plus récemment il s'était intéressé aux musiques traditionnelles mongoles, latines et africaines. Tombé sous le charme des rythmes du Mali, il s'était embarqué dans un voyage avec le virtuose de la kora, Toumani Diabaté.

Parmi ses rencontres fondamentales, celle avec le saxophoniste Steve Lacy est la plus marquante. Depuis School Days, leur album historique aux côtés d'Henry Grimes et Dennis Charles, enregistré en 1962 où ils jouaient les compositions de Monk, jusqu’à leur quartet free bop de la fin des années 90, le couple mythique a vécu 40 années d'amitié et de complicité remarquables. Un dernier coup de chapeau pour un artiste qui marquera durablement l'histoire du jazz. 

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