Sudan Archives, violoniste et beatmaker inspirée

Le 14 juillet 2017 par

La jeune chanteuse, violoniste et productrice américaine sort un clip pour "Come Meh Way" et fait preuve d’une créativité étourdissante.

L’inspiration est un concept aussi flou que fascinant. Mais grâce à Sudan Archives, le flou prend forme et laisse place à des chansons d’une couleur musicale inédite. Cette chanteuse américaine de 23 ans y mélange les sonorités de sa voix, de son violon et des beats électro qu’elle a elle-même concoctés. Son nouvel EP Sudan Archives sort ce vendredi 14 juillet, une très bonne surprise accompagnée d'un clip qui ne l'est pas moins pour le magnifique single Come Meh Way.

C’est au Ghana que Sudan Archives a choisi de tourner le clip de Come Meh Way. La chanteuse y a réalisé son premier voyage hors des Etats-Unis : "Partir en Afrique avait toujours été un rêve pour moi, et j’ai eu la chance de le réaliser en allant tourner le clip. Je me sentais chez moi là-bas.", explique t-elle à FIP. La chanson alterne et superpose ainsi des sonorités de violon traditionnel avec des samples électro, le tout survolé par une voix lumineuse.

Sudan Archives - 585

Sudan Archives, c’est une créativité qui semble sans fin et qui transparaît dans chaque titre de son nouveau projet. Désormais basée à Los Angeles, la chanteuse a grandi dans l’Ohio, où elle a trouvé ses premières sources d’inspiration. "Il y a une toute petite scène musicale dans l’Ohio, qui m’a encouragé à être très créative et à sortir des sentiers battus," précise-t-elle. Cette inspiration est ensuite enrichie par la découverte de violonistes soudanais et de musiciens d'Afrique de l'Ouest. 

La magie de sa musique réside ainsi dans ce surprenant mélange de tradition et d’innovation. Mais aussi dans une approche très personnelle du processus de création : "J’ai fait beaucoup d’expériences pour arriver à créer mon propre son. En général, je commence une instru en tapant sur le violon avec ma main, ce qui créé une rythmique. J’essaie des types de percussions très différents sur le violon pour obtenir différentes textures et les fusionner avec des beats électro."

Baptisé Golden City, son tout premier EP était le résultat d’une production épurée : un iPad dans le sous-sol de la maison familiale. C’est à 19 ans qu’elle prendra la direction de la Cité des Anges et qu’elle fera la rencontre de Mattew David du label Stones Throw. Une collaboration qui selon elle a porté ses fruits dans ce deuxième disque : "Travailler avec Stones Throw m’a permis d’apporter une certaine dose de maturité à ma musique. Matthew David a beaucoup travaillé avec moi pour m’aider à réaliser tout mon potentiel. Il a enregistré/masterisé mon album en lui apportant un son plus rond."

A défaut d’être palpable, la puissance créatrice de l’artiste est audible dans les six petites merveilles de Sudan Archives, à travers l’éventail des sonorités du violon et son ingéniosité pour concilier les genres. Un talent brut, hétéroclite et indomptable qui est bien parti pour rayonner longtemps sur la Californie, et sûrement bien au-delà.

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