Clovis Nicolas "Freedom Suite Ensuite "

- Sunnyside / Socadisc
Album jazz de la semaine
Freedom Suite Ensuite
Sunnyside Records

La musique du contrebassiste post-bop s'inspire de l'esprit libertaire de Sonny Rollins.

Depuis son arrivée aux Etats-Unis en 2002, le contrebassite et compositeur français Clovis Nicolas est très actif sur la scène New-Yorkaise. Déjà adoubé par les plus grands, on l’a vu notamment aux côtés de Peter Bernstein, Jane Monheit, Frank Wess, Walt Weiskopf ou Samora Pinderhughes…
Le 19 janvier, il sort Freedom Suite Ensuite, aux rênes d'un quartet qu’il a voulu « sans accords ». Cette configuration sans piano ni guitare, qu’il a expérimentée plusieurs fois, paraît être pour lui l’écrin idéal. Elle lui donne plus de place en tant que soliste et lui permet, tout en conservant les éléments de l’harmonie formelle, de découvrir de nouvelles voies sonores moins académiques.

Grand admirateur de l'immense contrebassiste Ron Carter, devenu son mentor, Clovis Nicolas est aussi un grand fan du saxophoniste novateur Sonny Rollins. ​Après Nine Stories (2014), son premier album en tant que leader enregistré au Bunker Studio de New York, Clovis Nicolas rend cette fois hommage à celui « qui incarne le mieux comment jouer free à l’intérieur d’une forme ». En effet, Sonny Rollins qui a toujours été pleinement engagé dans un jazz de combat pour dénoncer les oppressions dont étaient victimes les Afro-américains, est un des représentants de la liberté furieuse de l'improvisation. On se rappelle de la célébrissime Freedom Suite, que Rollins composait en 1958. 

Ce premier manifeste politique de l’histoire du jazz fut jusque-là exclusivement interprété par des saxophonistes. Clovis Nicolas en change l’éclairage en ajoutant à la relecture de l'oeuvre, une trompette, jouée tantôt par l'introverti Brandon Lee, sideman recherché, tantôt par le fougueux Bruce Harris, très apprécié de Wynton Marsalis. Après cette Freedom Suite, vient Ensuite, le second volet de l'album constitué de plusieurs compositions de Clovis Nicolas et d'une version du standard Little Girl Blue de Richard Rodgers, joué uniquement à la contrebasse. 

Clovis Nicolas - Photo d'Ingrid Hertfelder

Clovis Nicolas - Photo d'Ingrid Hertfelder

Pour donner à son album une identité sonore proche de ces souhaits, il s'est entouré de musiciens réputés pour leur son magnifique, soit le brillant batteur Kenny Washington avec qui il a éprouvé à diverses reprises, leur goût commun pour la richesse rythmique et le sens du swing, et le saxophoniste ténor Grant Stewart, un des musiciens les plus novateurs qui perpétuent la tradition du jazz , avec qui il s'est aussi régulièrement produit.

En concert :
Le 19 mars au Duc des Lombards, Paris
Le 20 mars : Jazz Fola, Luynes

 

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