Guylain Deppe "Two Faces - Songs and Unsongs"

- Cristal Records / Harmonia Mundi
Album jazz de la semaine
Two Faces - Songs and Unsongs
© Pascal Béliard

De la balade au boogie, en passant par le blues, voici un voyage excitant dans l'univers du pianiste lyrique et fougueux.

Quelle belle écriture que celle de Guylain Deppe, riche, complexe et très personnelle. C’est à un genre de récital que le pianiste virtuose nous convie avec son nouvel album Two Faces, magnifié par la section rythmique limpide du contrebassiste Marc-Michel Le Bévillon et du batteur Stéphane Huchard. Deppe raconte des histoires que l’on devine espiègles et c'est alors que les paysages défilent ... luxuriants et colorés.

Dans la structure de l'oeuvre, on sent la tenue d’un long travail d'interprètation de la musique dite « classique » et une grande assimilation des œuvres inspiratrices de quelques maîtres comme Oscar Peterson, Martial Solal, Chick Coréa ou encore Keith Jarrett. Mais l'envol est bel et bien pris.  

" Si la quête de l'improvisateur consiste depuis toujours à trouver un style, un jeu, un son, un phrasé reconnaissable d'après quelques notes seulement, alors, à l'instar de ses pairs, Guylain Deppe est parvenu à toucher le Graal du bout de ses dix doigts. "  Richie Beirach

 
Un album tout en clin d’œil de « Songs and Unsongs » avec 14 titres aux noms et sous-titres évocateurs comme Funk you very much, Un boogaloo à tendance funky ; C’est la Marc-Michel qui a perdu son chat, Une extrapolation de la célèbre comptine ; Sept temps de réflexion sous un rêve berbère (à Jean-Pierre Chesne), Un Boogie Woogie dodécaphonique ; Ben and Breakfast + initials P.P, Un « song » matinal et une valse en noir et blanc ; ou encore I hate chocolate, Un « Folk Song » sans sucre ajouté :

 
Né d’une mère violoniste à l’Orchestre National de Belgique et d’un père pianiste classique, Guylain Deppe s’épanouit naturellement dans les silences éloquents d’une partition. D’une formation de conservatoire aux premiers concerts de jazz à l’âge de 15 ans au sein du New Ascension Quintet, le jeune pianiste prend le goût du risque. Parmi ses nombreuses collaborations, citons celle, en trio, avec la batteur Daniel Humair et le contrebassiste Jean-François Jenny-Clarck, décédé en 1998. Deppe aime aussi improviser sur les films muets. Dans le projet Art’s Duet, il laisse libre cours à son inspiration avec le peintre Jean-Luc Chabaud et le batteur Daniel Humair. Passionné et engagé à défendre et promouvoir le jazz et les musiques improvisées, il est, depuis 2013, le directeur artistique du festival « Touches de jazz » (Beynes78), parrainé par Martial Solal. 

 

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