Julian Lage "Arclight"

- Mack Avenue
Album jazz de la semaine
Arclight

Coup de chapeau au swing des années 20 avec le nouvel album du trio du guitariste virtuose Julian Lage.

Après un précédent album solo en acoustique, Julian Lage choisit l'électrique de sa Fender Telecaster et s'entoure du contrebassiste Scott Colley et du batteur Kenny Wollesen, deux fabuleux musiciens qui ont accompagné Jim Hall et Gary Burton. C'était un rêve de pouvoir jouer avec eux. Voici leur parfaite osmose immortalisée dans l'album Arclight paru le 1er avril sur Mark Avenue Records et produit par Jesse Harris.

Les compositions d'Arclight surfent sur le swing populaire des années 20 et rendent hommage à des figures comme Sidney Bechet, Willard Robison, Jack Teagarden, Bix Beiderbecke ou encore Spike Hughes.

Le tout premier morceau Fortune Teller rappelle aussi Treasure Island joué par le somptueux quartet de Keith Jarret avec Charlie Haden, Paul Motian et Dewey Redman, à une époque où l'improvisation jazz était en connexion avec la musique folk et la chanson. On pense aussi à Bill Frisell, of course.

Originaire de San Francisco, Julian Lage a commencé l'apprentissage de la guitare à l'âge de 5 ans, entraîné par son père. Il a partagé la scène de Carlos Santana à 8 ans. Sa passion pour la musique et sa technique de l'instrument étaient déjà remarquables, comme le montre le documentaire Jules at Eight en 1997. Depuis ses 15 ans, il enseigne en Californie au sein des ateliers de l'Université de Standford.

L'ancien élève du conservatoire de Los Angeles en guitare classique puis du "Berklee College" en jazz, a acquis une maturité musicale et une capacité d'improvisation impressionnantes. Quelques monstres comme Pat Metheny, Kenny Werner, Toots Thielemans, Herbie Hancock, Martin Taylor, David Grisman, Fred Hirsch, Bela Fleck ... ne sont pas restés insensibles au jeu du jeune prodige. Avec le vibraphoniste Gary Burton, il a enregistré plusieurs disques, Generations en 2004, Common Ground en 2011, Guided Tour en 2013. Il partage aussi souvent la scène avec le pianiste Taylor Eigsti.

C'est en 2009, que Julian Lage se lance dans un projet en tant que leader. Sounding Point mêle compositions personnelles et reprises comme All Blues de Miles Davis ou Alameda d'Elliott Smith qui lui vaut une nomination pour le "Grammy Award" du meilleur album jazz contemporain :

L'album Gladwell suivra en 2011, avec un groupe électrique. Le thème central de cet opus est Gladwell, une ville imaginaire qu'il décline aussi bien en jazz qu'en folk, world, latino ou musique de chambre. L'année dernière, très inspiré par le guitariste classique Andres Segovia, il lançait son album solo World's Fair enregistré sur sa Martin 000-18.

Julian Lage se produit également avec le guitariste Nels Cline, l'excellent membre du groupe de rock alternatif Wilco, un autre maître de la guitare, de 31 ans son aîné. En duo, ils ont enregistré l'album Room, à l'intersection du free jazz et du blues.

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