Bill Charlap Trio "Uptown, Downtown"

- Impulse!
Album jazz de la semaine
Uptown, Downtown

Le pianiste new-yorkais continue de célébrer, en trio, les standards du jazz avec une finesse et une élégance rares.

Héritier d’une certaine tradition du piano jazz, dont Hank Jones, Tommy Flanagan ou Shirley Horn, qu’il a connus tous trois, Bill Charlap est un mélodiste hors pair au toucher délicat et au swing sans failles. Le New-yorkais aime par-dessous tout entretenir la flamme la richesse des standards de l'American Songbook, ces chansons souvent tirées de comédies musicales, de spectacles de Broadway. Un amour de ce jazz hors du temps et des modes qu'il entretient depuis vingt ans avec le contrebassiste Peter Washington et le batteur Kenny Washington.

Pour cette nouvelle collection de reprises, Uptown, Downtown, le trio fait revivre avec finesse et passion des titres de Jim Hall (Bon Ami) et Gerry Mulligan (Curtains), avec qui le pianiste a joué, mais aussi Sophisticated Lady de Duke Ellington, Spring Can Really Hang You Up the Most écrit par Tommy Wolf et Fran Landesman et inspiré par le poème The Waste Land de T.S. Eliot, ou encore le très populaire There's a Small Hotel datant de 1935 et dont Chet Baker était fan. Un an après Notes from New-York, déjà sorti sur Impulse!, Bill Charlap et ses complices continuent d'émerveiller par l'élégance de ce jazz "classique" où l'art de la mélodie n'a d'égal que ce swing qui murmure puis se met à danser irrésitiblement. 

Bill Charlap Trio

Bill Charlap Trio © Philippe Levy

Encouragé à ses débuts par les saxophonistes Gerry Mulligan et Phil Woods qui appréciaient chez leur jeune partenaire son bagage pianistique, son assurance d’accompagnateur, la finesse de son jeu sans âge et son infaillible sens du swing, Bill Charlap avait de qui tenir son attachement aux standards, ayant grandi auprès d’un père qui avait lui-même composé pour Broadway, et d’une mère chanteuse de cabaret (avec qui il a d’ailleurs enregistré deux albums), à qui les auteurs de comédies musicales faisaient régulièrement appel pour éprouver la valeur de leurs nouvelles chansons. Ce contexte n’explique cependant qu’en partie l’intimité du rapport que le pianiste entretient avec ce répertoire, l’autre étant son expérience auprès de certains aînés qui, tels Benny Carter, Clark Terry, Jim Hall ou Frank Wess, lui ont appris à révéler la richesse et la profondeur de ce répertoire. En 2015, le pianiste a obtenu un Grammy Award, dans la catégorie « Meilleur album traditionnel pop »,  pour sa participation à l’album de Tony Bennett, The Silver Lining : The Songs of Jerome Kern avec sa femme Renee Rosnes, Peter Washington et Kenny Washington.

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