Black Flower "Artifacts"

- Sdban Ultra
Artifacts

Adepte d’un éthio-jazz psychédélique, le quintet Black Flower nous embarque dans un voyage mystique avec Artifacts, un album hypnotique et fou.

Black Flower est une formation emmenée par Nathan Daems, musicien belge et personnage fascinant d’une curiosité musicale sans limites, qui compte parmi ses instruments de prédilection le saxophone, la flûte et quelques objets plus rares comme le ney ou le kaval. Cet artiste chevronné poursuit différents projets musicaux tels que Antwerp, Gipsy Ska Orchestra ou Bazaar d’Orient, et donc Black Flower qu’il mène depuis 2013 accompagné par Jon Birdsong au cornet, Wouter Haest aux claviers, Filip Vandebril à la basse et Simon Segers à la batterie. Le quintet propose un éthio-jazz fascinant, aux forts accents psychédéliques et parsemés de sonorités orientales.

Sur Abyssinia Afterlife en 2015, Black Flower avait déjà imposé un style musical atypique et une dimension mystique. Comme son prédécesseur, Artifacts est lui aussi empreint de spiritualité. C’est lors d’un voyage en Grèce que commence la Genèse de ce nouveau disque. Au cours d’une mystérieuse escapade de Nathan Daems dans la région de Thessalonique, racontée en anglais sur le site du groupe, le flutiste aurait rejoint un culte musical ancestral se tenant dans un lieu énigmatique appelé « Psyches Iatreion » (« l’endroit où guérissent les âmes »). Peu importe finalement la véracité ou non de cet épisode cabalistique, le leader a tiré de ce voyage initiatique une inspiration féconde, qui ressort sur les 8 titres incandescents et hors du temps qui composent l'album.

Black Flower

Black Flower

Différents styles se succèdent avec virulence sur Artifacts. Bones, morceau d’introduction propose une envolée de flutes étourdissante. Alexandria, nommé en référence au culte de Psyches Iatreion, nous embarque sur un tempo groovy et sur une musique rappelant le folklore des Balkans, mais martelée ici par les expérimentations assourdissantes de la guitare et du clavier. Helios Victor et sa ligne de basse omniprésente sont influencés par la musique jamaïcaine. Realm et Era sont magnifiquement entêtant et Artifact, le morceau éponyme, nous embarque dans un dub version orientale. Il faut néanmoins attendre la fin du disque pour découvrir peut-être le titre le plus fascinant : Lunar Eclipse, pendant nocturne du Solar Eclipse présent sur le premier album, qui clôt superbement le voyage par 4 minutes d’évasion planantes et atmosphériques. Entrainant de bouts en bouts, Artifact semble animé par une force occulte et offre une expérience aux confins du réel.

Black Flower shadow

➡️ Black Flower est en concert au Duc des Lombards à Paris les 9 et 10 mars

Par Nicolas Ignatiew

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