Ghostpoet "Dark Days & Canapés"

- Play It Again Sam
Dark Days & Canapés

Deux ans après le magistral "Shedding Skin", le londonien Obaro Ejimiwe revient avec sa poésie néo-soul du IIIème millénaire servie par une musique méditative et anxiogène.

En mai dernier, Obaro Ejimiwe alias Ghostpoet dévoilait le clip du titre Immigrant Boogie et donnait le ton de Dark Days & Canapés, un quatrième album sombre prévu le 18 août. Dans un monde post-apocalyptique, un immigré/survivant est lancé dans une course désespérée rythmée par un alt-rock glacial et la voix grave du flegmatique songwriter britannique. Le clip dystopique de Freakshow, révélé un mois plus tard, est venu confirmer le pessimisme ambiant de l'album.

Douze nouveaux titres et autant d'histoires, Ghostpoet continue le travail entamé il y a deux ans sur Shedding Skin, nous conter avec nonchalance sa vision caustique d'une société à l'agonie par le prisme d'une musique organique et saisissante. Un mélange étonnant et unique de trip hop, de post-rock, de sons new wave et d'envolée psychées servis par un groupe inventif. 

Freakshow est une sorte de commentaire sur le consumérisme moderne. Il résume mon malaise général par rapport au fait que de nos jours, nous achetons nos émotions. Mais aussi par rapport à ce manège inarrêtable et contrôlé par l’argent dans lequel notre société semble être piégée. Ghostpoet

Révélé en 2011 par Gilles Peterson qui avait produit son premier album Peanut Butter Blues & Melancholy Ja, le MC londonien a, cette fois, fait appel au guitariste et producteur Leo Abrahams (connu pour son travail avec Brian Eno, Jon Hopkins ou Wild Beasts Wild Beasts). Une rencontre comme une évidence tant le producteur a su interpréter les velléités artistiques surréalistes et visionnaires de Ejimiwe. Un grand art de l'arrangement qui propulse Ghostpoet et ses musiciens dans une alchimie musicale sombre et belle, trouvant un juste milieu entre structure et hasard, entre chance et jugement. Le spoken word détaché et sensuel du MC plane ici sur des riffs de guitares inquiétants, des attaques de piano au tempo sans merci, des rythmiques asphyxiantes auquels viennent s'ajouter la présence de choeurs, de la chanteuse norvégienne EERA et de Grant Marshall aka Daddy G du groupe Massive Attack avec qui Ghostpoet avait travaillé sur Come Near Me l'an passé.

Retrouvez le Live à Fip de Ghostpoet en 2015 ►  

Ghostpoet

Ghostpoet © Steve Gullick

 

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