Trio Da Kali and Kronos Quartet "Ladilikan"

- World Circuit
Ladilikan

Une magnifique rencontre de la tradition ancestrale mandingue et de la musique classique occidentale. Un voyage intemporel entre puissance et élégance.

En matière de rencontre des traditions maliennes et classiques occidentales, nous connaissions bien sûr le merveilleux travail du joueur de kora Ballaké Sissoko et du  violoncelliste Vincent Segal. Une osmose, une alchimie élégante dans le métissage que l'on retrouve décuplée dans ce nouveau projet réunissant un trio composé des meilleurs griots de la musique traditionnelle mandingue et un quatuor à cordes audacieux qui, depuis plus de quarante ans, multiplie les explorations artistiques. Fondé en 1978 par le violoniste David Harrington et basé à San Francisco, le Kronos Quartet s'est aventuré sur les terres minimalistes d'Arvo Pärt, Steve Reich, Philip Glass, du rock d'Hendrix, Tom Waits ou Sigur Rós, de la musique d'Azerbaïdjan, d'Argentine, de Bollywood ou du Mexique. En 2003, l'ensemble fait une première incursion dans la culture musicale malienne sur deux titres de la chanteuse Rokia Traoré. Sur ce nouveau projet Ladilikan, le quatuor s'associe au Trio Da Kali, un super-groupe, héritier d’une longue lignée de djélis (griots) de la culture mandingue.  

Da Kali signifie « prêter serment » : dans ce cas à un héritage musical qui remonte au temps de Sunjata Keita, le fondateur de l’empire Malien au 13e siècle. Le format : Trio balafon, ngoni bass et chanteuse, est également inspiré de la tradition ancienne, bien que ce type de formation et de répertoire deviennent de plus en plus rares dans la musique moderne malienne. Fondé en 2012 par la journaliste et musicologue Lucy Duran à l'initiative de l’Aga Khan, le Trio Da Kali est dirigé par le virtuose du balafon et improvisateur de génie Fodé Lassana Diabaté, fils du maître Djelisory Diabaté, et compagnon de route du Symmetric Orchestra de Toumani Diabaté, Salif Keita, Taj Mahal ou du collectif Afrocubism.

A la basse, on retrouve le génial Mamadou Kouyaté, fils aîné de Bassekou Kouyaté, considéré comme le plus grand joueur de ngoni basse, un luth mandingue et plus vieil instrument à cordes de l'Afrique de l'Ouest. Très présent sur la scène florissante du hip-hop de Bamako, le très inventif Mamadou Kouyaté exerce aussi son art dans le groupe de son père Ngoni Ba. La chanteuse Hawa ‘Kassé Mady’ Diabaté est la fille du plus grand chanteur traditionnel malien, Kassé Mady Diabaté. Son phrasé, son registre et la puissance de sa voix ont poussés le directeur artistique du Kronos Quartet, David Harrington, à la comparer à la défunte reine du gospel américain : Mahalia Jackson.

Trio Da Kali and Kronos Quartet

Trio Da Kali and Kronos Quartet © Jay Blakesberg

Sur ce projet les deux formations n'en font qu'une et transcendent avec une créativité et une élégance saisissantes leur tradition musicale respectives. Les lignes mélodiques et les percussions du balafon, s'accordent parfaitement aux envolées fantastiques du quatuor à cordes, soutenues par les lignes de basses du n'goni et sublimées par la  puissance de la voix de Hawa Diabaté. N'en déplaise à certains, la rencontre des cultures et le métissage sont une richesse, Ladilikan est en un exemple flamboyant. 

Trio Da Kali and Kronos Quartet sont en concert 19 Octobre aux Bouffes du Nord à Paris pour le Worldstock Festival avant une tournée Printemps-Eté 2018.  

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