Jean-Claude Gallotta, il est Magnifip !
Jean-Claude Gallotta au studio 154 de FIP

Quand Jean Claude Gallotta joue "My Rock" au Théâtre du Rond Point, c'est Magnifip. C'est toute la fièvre qui embrase le rock et la danse contemporaine...un hymne au corps dont il vient nous parler en personne mardi 24 novembre.

Considéré depuis le début des années 1980 comme l'un des plus importants représentants de la nouvelle danse française, Jean-Claude Gallotta est l'invité de C'est magnifip, mardi 24 novembre dès 20h, à l'occasion de sa recréation de My rock, jouée à Paris et pour saluer l'ensemble de sa carrière. Une émission animée par Frédérique Labussière et réalisée par Massimo Bellini. La programmation musicale est signée Armand Pirrone.

My rock rapproche le rock de la danse contemporaine en une quinzaine de courtes séquences dansées sur les titres emblématiques d' Elvis Presley, les Beatles, Les Rolling Stones, Bob Dylan, les Who, le Velvet Underground et Lou Reed, Iggy Pop et les Stooges, les Clash, Leonard Cohen, Nirvana, Patti Smith et Wilson Pickett.
"Le lien est établi par mes souvenirs. Elvis, les Beatles, les Stones, Dylan, ceux que j’écoutais en rêvant sur les pochettes de leurs disques. J’ai refait l’histoire à ma façon, comme chacun, c’est « my rock », le titre le dit bien. Chaque séquence est illustrée par les pochettes de disques. Entre les morceaux, je dis quelques mots sur chaque artiste, des anecdotes ou une vision particulière. Parfois j’interviens sur scène, je danse, je parle…" .

Le rock et la danse contemporaine sont nés aux Etats-Unis au début des années 50.
Chacun fait son chemin de son côté. Et pourtant cette même année 1953, les premiers titres de rock d’Elvis Presley retentissent à Memphis et le danseur et chorégraphe Merce Cunningham fonde sa compagnie à New-York.
« Le rock a accompagné mes rêveries d’adolescent et, peut-être, en me permettant de rencontrer d’autres âmes perdues, m’a permis d’échapper à ma crise d’angoisse existentielle. » dixit Jean-Claude Gallotta.

 
C’est lors d’un séjour à New-York que Jean-Claude Gallotta découvre et se passionne pour le travail très libre de Merce Cunningham qui n’a de cesse de réinventer son expression pour ne pas tomber dans l’écueil de la routine. Ce dernier a bouleversé les codes de la danse moderne en utilisant le jaillissement, le hazard. Il fut lui-même très influencé par la notion de composition aléatoire de John Cage. Jean-Claude Gallotta se nourrit du travail du maître et s'inspire aussi de la post-modern dance américaine d’Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Trisha Brown et Douglas Dunn.

Gallotta commence la danse à 20 ans après avoir étudié aux Beaux Arts. Il part donc aux Etats-Unis, de 1976 à 1978, pour étudier auprès de Merce Cunningham. De retour à Grenoble, sa ville natale, il créé avec Mathilde Altaraz, le Groupe Émile Dubois, réunissant danseurs, comédiens, musiciens et plasticiens. La compagnie réside à partir de 1981 au sein de la Maison de la Culture de Grenoble. C’est là que naît Ulysse dont il donnera une nouvelle version tous les dix ans environ.

Avec Mammane et Docteur Labus il confirme sa place dans la création française. « J’éprouve depuis toujours le besoin de voir revivre mes pièces, d’en constituer le répertoire, de les relier entre elles, de défier l’éphémère, de confronter mon travail au temps. »
De 1986 à 1990, le chorégraphe prend les rênes de l’institution iséroise qu’il rebaptise Le Cargo. Il quitte le lieu et publie son premier livre « Mémoires d'un dictaphone », créé La Légende de Roméo et Juliette, La Légende de Don Juan, Prémonitions, La solitude du danseur, le solo Hommage à Pavel Haas, le trymptique Trois générations avec le Groupe Grenade de Josette Baïz, dont fait partie Des gens qui dansent, pour l'amour de la vie :

De 1997 à 2000, à l’invitation du metteur en scène Tadashi Suzuki, il a conduit une compagnie de danse au Japon.
Passionné par le cinéma, il entame plusieurs collaborations audiovisuelles avant de réaliser ses longs-métrages. Il met également en scène des textes de Jean-Marie Piemme et Bernard Pouy. Il existe aussi un recueil d’entretiens du chorégraphe nommé « Les yeux qui dansent ».
Difficile de nommer ici ses multiples projets mais dans tous l'on retrouve sa fougue gestuelle et son esprit de troupe. Le chorégraphe s’intéresse au vécu et l'histoire individuelle du danseur plus qu’à sa technicité.

Artiste complet, Jean-Claude Gallotta, donne une place importante à la musique. On se souvient notamment de la voix de Bashung qui résonne dans le spectacle "l'Homme à tête de chou" créé en 2009 à la MC2 de Grenoble.

 
My rock est à voir à Paris, au Théâtre du Rond-Point, du 17 novembre au 6 décembre :

Dessin de Stéphane Trapier

Dessin de Stéphane Trapier

 

Programmation musicale

20h03 : ELVIS PRESLEY - Heartbreak Hotel
20h05 : ARTHUR SMITH - Guitar Boogie
20h08 : THE BEATLES - Helter Skelter
20h12 : JEFF BECK - Space For The Papa
20h15 : THE ROLLING STONES - Sister Morphine
20h20 : LEONARD COHEN - Sisters Of Mercy
20h24 : THE VELVET UNDERGROUND - Sunday Morning
20h30 : THE STOOGES/IGGY POP - Tv Eye
20h39 : BOOKER T AND THE MG S - You Can T Sit Down
20h42 : PATTI SMITH - Gloria
20h48 : THE WHO - I M A Boy
20h50 : RY COODER - Bomber Bash
20h54 : NIRVANA - Polly
20h58 : BOB DYLAN - Obviously 5 Believers
21h02 : BOB DYLAN - Nashville Skyline Rag
21h05 : NICK DRAKE - River Man
21h09 : SPENCER DAVIS GROUP - Waltz For Lumumba
21h13 : THE DOORS - L.A. Woman
21h21 : JIMI HENDRIX - All Along The Watchtower
21h25 : CURTIS KNIGHT AND THE SQUIRES - Knock Yourself Out
21h32 : FRANK ZAPPA - Stink Foot
21h39 : JANIS JOPLIN - Mercedes Benz
21h41 : GUI MIKE BLOOMFIELD/CLA AL KOOPER/STEVE STILLS - Stop
21h46 : NINA HAGEN - Dread Love
21h51 : PJ HARVEY - I Think I M A Mother
21h55 : CHET ATKINS/JERRY REED - Sneakin Around
21h59 : SONNY AND CHER - I Got You Babe

Commentaires