Les Girls Bands, c'est Magnifip
The Slits, l'un des premiers groupes de punk féminin à la fin des années 70

A l’occasion de la journée internationale des femmes, FIP célèbre mardi 08 mars à 20h les groupes de filles de tous les genres et de toutes les époques.

FIP a toujours transporté ses auditeurs ailleurs… en connexion directe avec leurs émotions, leurs souvenirs et leurs désirs. Créatrice d’évasion, FIP explore un nouvel itinéraire et donne rendez-vous aux auditeurs pour une échappée musicale avec chaque semaine un thème une destination différente... Une émission animée par Frédérique Labussière et réalisée par Massimo Bellini. La programmation musicale est signée Christian Charles.

Ils s’affranchissent du temps, n’ont pas de couleur, traversent les genres musicaux, et possèdent leurs héroïnes comme leurs anges déchues : les « girls band » sont presque aussi anciens que la musique populaire enregistrée elle-même. Si l'on retrouve des premiers exemples de formations vocales strictement féminines dès les années 30, ce sont bien les années 50 et celles qui suivirent qui marquèrent le premier âge d’or de ce concept aussi musical que marketing.

Avec I Met Him On Sunday, leur premier 45t publié en 1957 sur le label Tiara, les afro-américaines The Shirelles incarnent au milieu du siècle ce rhythm and blues aux voix adolescentes qui fit pour la première fois le succès du genre :

A New-York, ce sont les sœurs Weiss et Ganser qui forment au cœur du quartier du Queens The Shangri-Las, l’un des groupes féminins les plus populaires de cette période. Là encore, c’est la jeunesse, ses espoirs et ses mélodrames qui forment le corps de leurs pop-songs, dont certaines se placent au sommet des charts. La réputation de « bad girls » des Shangri-Las a contribué à leur succès, leur forgeant une image légendaire auprès de leurs fans. Les filles sont aussi (et surtout) entourées d’un producteur génial et méconnu, Shadow Morton, qui écrit pour elles des hits mémorables comme Leader Of The Pack ou encore Remember (Walking in the Sand), avant de travailler des années plus tard avec les New York Dolls :

Les groupes féminins sont bien souvent de véritables créations marketing à cette époque, des filles repérées et signées par des génie de l'industrie musicale naissante qui flairent le talent et le charme potentiel de ces formations. La figure de l’éminence grise derrière le succès des girls bands est incarnée plus que jamais par le New-yorkais Phil Spector, éminent producteur qui fit du concept une machine à tubes dans les années 60 avec les célèbres Ronettes, les Crystals et d’autres encore :

A Detroit, empire de la soul-music afro-américaine, c’est le patron du label Motown Berry Gordy qui conseille ses « filles » et contribue notamment au succès planétaire des Supremes. Pourtant, dans les années 70, les filles s’affranchissent de ces figures de studio tutélaires avec de nouveaux groupes dans l'air du temps, comme les punks féministes anglaises de The Slits qui partagent alors la scène avec des figures comme The Clash :

 
Les années 80 marquent le déclin relatif des « girls bands », alors que comme Diana Ross, plusieurs chanteuses issues de ces formations trouvent le succès dans des carrières solo lucratives. C’est bien la dance-music des années 90 qui propulse de nouveau le concept dans les charts, sacré par le phénomène anglais des Spice Girls qui vendit jusqu’à 100 millions d’albums dans le monde entier.

Si le féminisme n’est pas étranger à la formation de Victoria Beckham (leur slogan était bien « Girl power »), le groupe fut largement accusé d’être monté de toutes pièces par leur label Virgin Records. De l’autre côté de l’atlantique à la même période, le trio Destiny’s Child se forme dans la grande tradition des « girls bands » R&B afro-américains en y ajoutant les ingrédients pop et dance de la décennie. Le succès est massif, et propulsa au sommet la carrière solo de la chanteuse Beyoncé :

 
Avec la fin de la segmentation musicale, c’est aussi un concept à succès qui s’est peu à peu tari au fil des années. Si les Belgo-canadiennes All Saints viennent d’annoncer leur retour en vidéo il y a quelques jours, les figures actuelles des groupes féminins s’appellent bien aujourd'hui Cocorosie ou IBEYI, des formations familiales où des duos de sœurs (jumelles dans le cas d’Ibeyi) revendiquent l’ethnicité et le psychédélisme dans une vision renouvelée et moderne de la musique féminine :

Programmation musicale

20h03 : MARTHA REEVES AND THE VANDELLAS - Nowhere To Run
20h06 : THE MCGUIRE SISTERS - Sincerely
20h09 : THE SHANGRI LAS - Leader Of The Pack
20h12 : THE SHIRELLES - I Met Him On A Sunday
20h14 : THE LIMINANAS - El Sordo
20h15 : GOLDIE AND THE GINGERBREADS - Look For Me Baby
20h18 : THE CHIFFONS - He S So Fine
20h19 : THE CHANTELS - Maybe
20h22 : THE CRYSTALS - Da Doo Ron Ron
20h25 : RAMSEY LEWIS - John Henry
20h28 : BOSWELL SISTERS - Cheek To Cheek
20h31 : THE ANDREWS SISTERS - Rhum And Coca Cola
20h34 : INTERNATIONAL SWEETHEARTS OF RHYTHM CLORA BRYANT - Don T Get It Twisted
20h35 : DIXIE CUPS - Iko Iko
20h37 : DIANA ROSS AND THE SUPREMES - You Keep Me Hangin On
20h40 : THE POINTER SISTERS - Chainey Do
20h45 : ROY AYERS - Mystic Voyage
20h46 : PATTI LABELLE - Lady Marmelade
20h50 : SISTER SLEDGE - We Are Family
20h54 : THE SLITS - I Heard It Through The Grapevine
20h58 : FUJIYA AND MIYAGI - Cassettesingle
21h00 : THE RUNAWAYS - Queens Of Noise
21h02 : CHICKS ON SPEED - Wordy Rappinghood
21h09 : FOUR TET - Glue Of The World
21h10 : AU REVOIR SIMONE - All Or Nothing
21h15 : DUM DUM GIRLS - Trees And Flowers
21h19 : JAY ROACH THE BANGLES - Get The Girl
21h22 : PETER VON POEHL - Side By Side
21h23 : BRIGITTE - Ma Benz
21h28 : LES NUBIANS - El Son Reggae
21h31 : ZAP MAMA - Brrrlak !
21h35 : THE PAN AFRICAN ORCHESTRA - Yaa Yaa Kole
21h36 : WOMEN OF MOMBAZO - Vimba
21h37 : LE MYSTERE DES VOIX BULGARES - Pilentze Pee
21h41 : SATURNE - Exotica
21h45 : WARPAINT - Hi
21h50 : IBEYI - River
21h54 : BONOBO - Gypsy
21h56 : SALT N PEPA - Shoop
21h58 : GIOVANNI MIRABASSI - Bella Ciao
22h00 : THE ARCS - Chains Of Love

Commentaires