Les Marches de Selma, C'est Magnifip !
"Selma,1965: Bruce Davidson and the Photography of Civil Rights" at University of San Diego.

Le 15 mars à 20h C’est Magnifip ! se consacre aux MARCHES DE SELMA de mars 1965 qui ont marqué la lutte des droits civiques aux Etats-Unis.

Mardi 15 mars, de 20h à 22h, C'est Magnifip ! fait un focus sur les trois célèbres marches de protestation dans l’état d’Alabama pour l’égalité des droits des citoyens américains noirs. De "Selma march" à "Miss Celies Blues" en passant par "Alabama blues" ou encore "Blowing in the wind", la programmation musicale de Milena Rousseau soufflera un vent de révolte.  
Une émission présentée par Frédérique Labussière et réalisée par Olivia Ruda.

Aux Etats-Unis, l’esclavage est aboli en 1865. En 1870, les noirs ont légalement le droit de vote. Mais les lois Jim Crow imposant une séparation entre noirs et blancs dans les tous les lieux publics, rendaient quasi impossible l’accès au vote pour les noirs. Ces lois portaient le nom d’un héros d’une chanson Jump Jim Crow, datant de 1828 et mettant en musique les tribulations d’un Noir du Sud.

Le 2 juillet 1964 le Président Lyndon Johnson signe le Civil Rights Act, la loi sur les droits civiques (initialement proposée par le président John Fitzgerald Kennedy) mettant fin à près d’un siècle de ségrégation raciale et à la discrimination envers les femmes et les minorités ethniques et religieuses.
Sur le papier, la loi bannit la ségrégation raciale dans la majorité des lieux publics, interdit la discrimination dans l'embauche et empêche l'application inéquitable de critères pour le droit vote. Mais dans le sud profond, les autorités faisaient encore régner un quasi apartheid et le Ku Klux Klan entretenait un climat de terreur. Une vague de violences racistes balaie le Sud, après que la loi soit promulguée.
La Civil Rights Act n'aurait pas vu le jour sans les luttes acharnées menées par les organisations noires et le pasteur Martin Luther King Jr., qui prononçait un an plus tôt le célèbre discours « I Have a Dream » :

Les trois marches de Selma sont un moment crucial dans la lutte pour les droits civiques.
Nous sommes en 1965, Martin Luther King (prix Nobel de la paix en 1964) déçu du peu de réaction du président Johnson concernant le vote des Afro-Américains dans le sud du pays et de l’inaction des politiciens, se rend à Selma, où la ségrégation est très violente. Il veut organiser des manifestations d’envergure. La ville devient le siège de la révolte.
"Bloody Sunday", la première marche est lancée le 7 mars 1965. 600 manifestants partent pour la capitale de l'Alabama, Montgomery. Stoppés par la police de l'Etat qui les charge à cheval avec matraques et gaz lacrymogènes, ils ne dépassent pas le pont Edmund Pettus de Selma.

La deuxième marche est conduite par Martin Luther King le 9 mars. 2000 personnes se recueillent sur le pont de Selma. Un pasteur blanc qui soutenait la lutte, est battu à mort quelques heures après.

Photo de Peter Pettus

Photo de Peter Pettus

Le 21 mars, la troisième marche atteint enfin le siège du gouvernement local avec plus de 2000 marcheurs menés par Martin Luther King. De très nombreux manifestants noirs et blancs les accueillent le 25 mars à Montgomery. Ils veulent être reçus par le gouverneur George Wallace qui refuse.
Le 6 août 1965, le Président signait le "Voting Right Act", qui mettait un terme à la ségrégation raciale en matière électorale.

50 ans après les marches de Selma, Ava DaVernay, première réalisatrice noire nommée aux Oscars, sortait en 2015 son film axé sur les quelques mois entourant la marche de Selma, en Alabama, en 1965.

C'est Magnifip ! vous ballade sur le terrain des droits de l'homme et de la femme avec notamment Blowing in the wind, l’hymne de toute une génération écrit par Bob Dylan en 1962 sur un coin de table alors qu’il n’a que 21 ans. Elle est reprise par les manifestants de la Marche sur Washington le 28 août de la même année :

ou encore I have a dream de Florian Pelissier, Say it loud i'm black and i'm proud chanté par James Brown, Am i black enough for you par Billy Paul, Why can't we live together, le tube de Timmy Thomas en 1973,
Cotton fields par Harry Belafonte, Nashville woman's blues de Bessie Smith, Lilly's theme chanté par Nick Cave, faithful par Ibeyi, So good today par Ben Westbeech, ou encore Mississippi Goddam avec Nina Simone :

Programmation musicale

20h01 : THE CHEQUERS - Get Up Stand Up
20h08 : AMIRI BARAKA - Who Will Survive America
20h11 : SLY AND THE FAMILY STONE - Everyday People
20h13 : BILLIE HOLIDAY - Strange Fruit
20h16 : FLORIAN PELLISSIER - I Have A Dream
20h23 : HARRY BELAFONTE - Cotton Fields
20h28 : MAHALIA JACKSON - I M On My Way
20h32 : ALTON ELLIS - Arise Black Man
20h36 : JOE BATAAN - Young Gifted And Brown
20h38 : WATTS PROPHETS - Dem Niggers Ain T Playing
20h40 : THE LAST POETS - When The Revolution Comes
20h43 : GRANT GREEN - The Selma March
20h51 : MARLENA SHAW - Woman Of The Ghetto
20h57 : SYL JOHNSON - Is It Because I M Black
21h00 : EDDIE KENDRICKS - My People... Hold On
21h06 : RAY AND HIS COURT - Soul Freedom
21h10 : JAMES BROWN - Say It Loud I M Black And I M Proud
21h15 : J.B. LENOIR - Alabama Blues
21h18 : LEADBELLY - Where Did You Sleep Last Night ?
21h22 : VERA WARD HALL - Another Man Done Gone
21h24 : QUINCY JONES - Miss Celies Blues
21h26 : MARC RIBOT - Dark Was The Night Cold Was The Ground
21h31 : BEN HARPER - Like A King
21h35 : BOB DYLAN - George Jackson
21h40 : NINA SIMONE - To Be Young Gifted And Black
21h42 : RAHSAAN ROLAND KIRK - Volunteered Slavery
21h48 : GIL SCOTT HERON - The Revolution Will Not Be Televised
21h51 : PETER TOSH - Equal Rights
21h57 : THE PHARAOHS - Freedom Road

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