Ziggy Stardust C'est Magnifip !
Ziggy Stardust en 1973 à Los Angeles, Photo de Michael Ochs/Getty Images

Le 10 janvier 2016 la flamme de David Bowie s’éteignait et nous laissait dans l’obscurité. Un an après C’est Magnifip ! rend hommage au chanteur légendaire aux mille visages.

Fip explore un nouvel itinéraire et donne rendez-vous chaque mardi à 20h aux auditeurs pour une nouvelle échappée musicale. Une émission animée par Emilie Blon-Metzinger et réalisée par Massimo Bellini. La programmation musicale est signée Thomas Curbillon.   

Mardi 10 janvier de 20h à 22h, C'est Magnifip ! propose une immersion dans l'univers de Bowie, l'artiste au look androgyne qui a décoincé la psyché de toute une génération avec son double Ziggy Stardust et autres personnages devenus mythiques.

David Robert Jones voit le jour le 8 janvier 1947 à Londres. Il se baptise David Bowie en référence au héros de la conquête de l'ouest James Bowie. Amateur des aventures les plus folles, il a su allier musique populaire et expérimentations, de la pop au folk en passant par le music-hall, la soul, le rock, le funk, la pop, le jazz et les musiques électroniques. Le succès arrive en 1969 par le single Space Oddity pour son film Love you till Tuesday. Dans la peau du personnage du Major Tom, l’astronaute condamné à errer dans l’espace pour toujour, Bowie l’extraterrestre, fait référence au film de Kubrick, 2001 l’Odyssée de l’Espace, sorti l’année précédente. Néanmoins la BBC fit du morceau, l’emblème de l’atterrissage de l’Apollo 11 sur la lune le 24 juillet. « Je crois qu’ils n’ont pas du tout écouté les paroles », plaisantait Bowie dans une ITV à Performing Songwriter en 2003.

L’ovni Bowie est lancé. Trois ans après, il met en orbite son double Ziggy Stardust et oriente son public vers de nouvelles explorations pop-rock sensuelles, délicieusement ambigües pour certains, décadentes pour d’autres.
Lors de la tournée de son 5ème album The rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, Bowie est Ziggy. Chevelure rouge, maquillage en forme d'éclair, chaussures à plateformes, costumes outranciers, il participe à l'émergence du "glam rock". Entouré de ses Spiders from Mars, le guitariste Mick Ronson, le bassiste Trevor Bolder et le batteur Mick « Woody » Woodmansey, le troublant alien (inspiré d'Iggy Pop et de Marc Bolan du groupe T. Rex), vient délivrer un message d'amour et de paix sur scène.

L'étoile Ziggy brille de 1972 à 1973 et inspire de nombreux artistes. Il tue son avatar lors de son concert au Hammersmith Odeon Theater le 3 juillet 1973 et annonce :

« Ce show restera longtemps dans vos mémoires, non pas juste parce que c'est la fin de la tournée mais parce qu'il est le dernier concert que nous ferons. ». 

Le public, la presse rock et même les Spiders from Mars sont médusés. Nombreux sont ceux qui croient que Bowie se retire de la scène. Ce concert mythique nommé "retirement gig" est gravé sur l'album live Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - The motion picture  et sur la pellicule du film du même nom, réalisé par Donn Pennebaker. 

Le caméléon n'en a pas fini avec ses avatars. A chaque mutation musicale correspond un nouveau personnage. Il y aura le frère maléfique de Ziggy, Aladdin Sane ("A lad insane", un mec fou) qu'il fera mourir en 1993 ; Halloween Jack et son cache-oeil de pirate qui vit dans la Cité de la faim inspirée du 1984 de George Orwell. Il nait avec l'album Diamonds Dogs. Puis Bowie revient sous son propre nom et change radicalement de style avant d'adopter un dernier personnage, Thin white duke, en pantalon noir et chemise blanche, qu'il fait apparaître pour son album Station to Station (1976) :

 
Tantôt génial, tantôt proche du délire mystique, Bowie se réinventait sans cesse et échappait à la tendance du moment pour rester unique. Le jour de son 69ème anniverssaire, il sortait son 25ème album Blackstar et se mettait en scène une dernière fois dans le clip saisissant du titre Lazarus :

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