Certains l'aiment Fip : Sam Peckinpah
© Sam Peckinpah

Pour sa première de la saison, "Certains l'aiment Fip" prend l’œuvre du réalisateur Sam Peckinpah par la bande son. Une émission animée par Susana Poveda et mise en musiques par René Hardiagon.

Chaque mercredi, de 20h à 22h, Certains l'aiment Fip explore les partitions d’un cinéma sensible au son et aux vibrations et vous propose un puzzle impressionniste jouant sur l’émotion et les sensations.

Du 2 septembre au 11 octobre la Cinémathèque Française, en partenariat avec la 68ème édition du Festival International du film de Locarno, rend hommage à celui qui incarne la transition entre deux ères du cinéma hollywoodien. Partenaire de cette rétrospective, FIP vous fait découvrir mercredi 02 septembre à 20h l’univers de ce réalisateur de génie, l'un des plus controversés du cinéma américain. La musique de la plupart de ses films est signée Jerry Fielding, un compositeur d'une rare sensibilité.

Sam Peckinpah fut un artiste enragé, connu pour ses montages singuliers, ses ralentis audacieux, la violence de ses scènes et son foutu caractère. Il a révolutionné les codes du cinéma qui s’en inspire encore aujourd’hui : John Woo, John Carpenter ou encore Martin Scorsese le considèrent comme leur père spirituel.

Sam Peckinpah

Rue des Archives/DIL TZ

Né en 1925 et mort en 1984, Sam Peckinpah fut le rebelle d’Hollywood. Il a participé à diverses séries télévisées ( La Flèche brisée, L’Homme à la Carabine …) avant d’arriver au cinéma en 1961, par le biais du western classique avec The Deadly companions et Coups de feu dans la Sierra en 1962.

Aux  réalisateurs qui regardent vers le futur, les films de Peckinpah ont beaucoup à raconter,  pas seulement pour leur caractère prémonitoire sur l’évolution de la société. À la fois lyriques et brutaux, ils ont décrit l’homme et son monde, sans avoir peur de le regarder droit dans les yeux. Carlo Chatrian, directeur du Festival de Locarno 

 

C’est avec Major Dundee (1965) qu'il commence à faire sortir sa colère en montrant la sauvagerie humaine et l’individualisme de la société américaine. Son amertume vis-à-vis de l’hypocrisie de l’industrie hollywoodienne est palpable, notamment dans le légendaire long-métrage La Horde sauvage (1969), son premier chef-d’œuvre qui révolutionne le western. Le film raconte la cavale au Mexique d’un groupe de bandits de grands chemins et se termine par une fusillade dantesque qui extermine plus d’une centaine d’hommes à l’écran. Inutile de dire que le massacre avait traumatisé les spectateurs et la critique. 

Que ce soit dans les films de guerre, road-movie ou western, Sam Peckinpah aime la violence et le réalisme. En 1971 il sort de la case « western » avec Les chiens de paille, un film extrême tourné aux Cornouailles sur l'Amérique urbaine post flower-power, réfugiée dans la campagne britannique. Dustin Hoffman y joue à merveille l’éveil de la barbarie cachée sous le vernis de la civilisation, en réponse à celle des paysans britanniques. 



Les relations houleuses de Peckinpah avec l’industrie du cinéma américain se poursuivent avec Pat Garrett et Billy le Kid (1973), pour lequel ses producteurs avaient censuré des scènes au montage. James Coburn et Kris Kristofferson y incarnent deux anciens complices hors-la-loi totalement immoraux. L’un d’eux, devenu shériff, doit mettre l’autre sous les verrous. La violence est toujours le sujet principal du cinéaste qui filme ici, la fin d’un monde. On rangera ce film dans la case « western crépusculaire », qui caractérise les nouveaux westerns de la fin des années 60 et des années 70.

On se souvient aussi du bouleversant Croix de fer (1978), avec l’acteur James Coburn, où Peckinpah livre une critique radicale de la guerre, avec en toile de fond, l’armée allemande nazie qui s’enlise sur le front russe en 1943. Le manque de moyens dû à la méfiance de la production ainsi que les problèmes d’alcool et de drogue de Sam Peckinpah, accentuèrent les difficultés de la réalisation de ce film qui fut un bide aux Etats-Unis mais remporta un franc succès en Europe.

Osterman Week-end (1983) fut le dernier feu de ce géant du cinéma. Il eut mauvaise presse, même auprès des inconditionnels de Peckinpah. Le 27 décembre 1984, une embolie pulmonaire emporte le réalisateur alors qu’il planchait sur un scénario de Stephen King. Ses cendres furent dispersées dans l’océan pacifique.

Programmation musicale

20h59 : HAR TOOTS THIELEMANS - Love Theme From The Getaway
21h07 : JONES QUINCY/HAR TOOTS THIELEMANS/DON ELLIOTT/MORGAN AMES - Guet Apens
21h10 : - Bring It To Me
21h16 : - Gathering Information
21h24 : LILA DOWNS - La Linea
21h29 : MILLER MITCH
21h37 : MILLER MITCH
21h38 : MILLER MITCH
21h42 : - Math Trick Playing With The Help Dinner Time
21h45 : - Love Theme
21h47 : BO/LES CHIENS DE PAILLE - The Wakely Arms Janice Hedden S Dea
21h50 : - Water Games
21h52 : - Status Symbol
21h56 : JULIAN LENNON - Valotte

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