Certains l'aiment Fip : Aki Kaurismäki
Kaurismäki reçoit l'Ours d'argent à La Berlinale, Festival international du Film de Berlin pour « The Other Side of Hope » Photo /Carsten Koall /Getty

Le 15 mars dès 20h, à l’occasion de la sortie de "L’Autre côté de l’espoir", Certains l’aiment Fip se penche sur l’œuvre du cinéaste finlandais.

Le producteur, réalisateur, scénariste, acteur, monteur et même décorateur (!) finlandais Aki Kaurismäki sort ce mercredi son nouveau long-métrage The Other Side of Hope, une sorte de comédie burlesque et grinçante qui questionne les valeurs européennes sur le sort des migrants. Ce plaidoyer pour les réfugiés est le deuxième volet de sa trilogie sur l'exil et à priori, le dernier : "J'ai déjà dit ça mais cette fois c'est vraiment adios. On est tout près de voir que ce film sera le dernier pour moi ", a-t-il déclaré à la télévision publique finlandaise Yle 

"Je veux changer le monde, je vais essayer de changer l'Europe". "J'essaie au moins pour les trois personnes qui verront ce film". Aki Kaurismäki

Ici, Wikhström, la cinquantaine, quitte son travail de représentant de commerce et sa femme alcoolique pour ouvrir un restaurant. Il croise le chemin du jeune Khaled, un jeune syrien qui a fui les bombardements d’Alep et se retrouve en Finlande par accident, face à une administration inhumaine qui lui refuse un permis de séjour pour qu’il puisse travailler. La musique tient une place de choix dans ce film irrésistible qui lie le destin de ces deux hommes :  

Kaurismäki vénère le cinéma muet, Chaplin, Tati, Renoir, De Sica, Becker, Melville et aussi les films de Godard, ou de Bresson dont il se sent très proche. Mais c'est sans doute Nanouk l'Esquimau de Robert Flaherty et L'âge d'or de Luis Bunuel qui ont allumé sa flamme pour le 7ème art.

Très proche de l'histoire et de la culture de son pays ainsi que de la nature, il n'a de cesse de dénoncer les dérives d’une société capitaliste et bureaucratique qui oublie l’être humain et détruit son environnement. Son cinéma est austère et nostalgique, teinté de cynisme mais aussi d'humour pince-sans-rire. Dans la vie tout comme dans son cinéma, Kaurismäki refuse tout compromis. Il se bat contre la folie du libéralisme, le culte de la croissance, la spéculation boursière et met en lumière la vie des gens ordinaires dignes, leurs joies et leurs peines. De sa trilogie des losers, (Au loin s’en vont les nuages, L’Homme passéLes lumières des faubourgs) à sa trilogie ouvrière (Shadows in Paradise, Ariel, La fille aux allumettes), en passant par plusieurs films consacrés au monde de la musique, l'oeuvre de Kaurismäki a quelque-chose d'universel. 

La musique est un des éléments essentiels de l'univers du cinéaste. Il aime utiliser des chansons qui font partie de la réalité sociale et culturelle de ses personnages : le tango finlandais, le rock finlandais, la chanson française rétro...

Le premier long métrage commun d'Aki et de son frère Mika Kaurismäki The Saimaa Gesture, est un documentaire sur la croisière estivale de 3 grands groupes du rock finlandais dans les années 80 (Juice Leskinen, Eppu Normaali, Ismo Alanko ja Hassisen Kone). Extraits de concerts et interview montrent l'influence slave sur le rock finlandais :

 
Leningrad cowboys go America (1989) met en scène le proclamé "plus mauvais groupe de rock du monde " venu des pays de l'Est pour tenter sa chance aux Etats-Unis. C'est avec la collaboration du groupe finlandais des Sleepy Sleepers que le réalisateur nous entraîne dans un road-movie burlesque et surréaliste à souhait.

Kaurismäki aime aussi la musique rétro exposée par exemple, dans La vie de bohême (1992), une adaptation du célèbre roman d' Henry Mürger qui a marqué son enfance. Il filme la rencontre d'un grand auteur dramatique français désargenté, d'un grand peintre albanais réfugié et d'un grand compositeur irlandais qui décident de partager leurs passions et leur misère dans les vieux quartiers de Paris :

Pour chacun de ses films, le réalisateur choisit, comme à son habitude, des mélodies déjà existantes pour souligner les émotions de ses personnages. Dans Le Havre, il convoque la chanson réaliste de Damia, le blues de Blind Willie McTell, le rock de The Renegades ou de Little Bob, des compositions de Bach ou de Tchaïkovski ou encore le tango du chanteur et compositeur argentin Carlos Gardel, un père pour Kaurismäki.
 

Programmation musicale

20h01 : OLAVI VIRTA - Sateenkaaren Tuolla Puolen
20h04 : LENINGRAD COWBOYS - Blue Swing
20h06 : HARRI MARSTIO - Serenade
20h09 : RAULI BADDING SOMERJOKI - Kuihtuu Kesainen Maa
20h13 : CHUCK BERRY - Maybellene
20h15 : YAMANDU COSTA - Brejeiro
20h18 : TOSHITAKE SHINOHARA - Yukino Furu Machio
20h31 : LENINGRAD COWBOYS - No Man S Land
20h32 : SERGE REGGIANI - De Velours Et De Soie
20h34 : BILLIE HOLIDAY - Time On My Hands
20h37 : ANTERO JAKOILA - Bandoneon
20h42 : JOE STRUMMER - Burning Lights
20h45 : THE RENEGADES - Cadillac
20h47 : OLAVI VIRTA - Sa Et Kyynelta Naa
20h51 : MELROSE - Rich Little Bitch
20h53 : ANNIKKI TAHTI - Muistatko Monrepos N
20h56 : DIMITRI CHOSTAKOVITCH/VCL EMMANUELLE BERTRAND/PNO PASCAL AMOYEL - Moderato En La Min Pour Violoncelle Et Piano
20h59 : JUSSI BJORLING - Donna Non Vidi Mai
21h01 : MARKUS ALLAN - Kohtalon Tuulet
21h06 : ANSSI TIKANMAKI - Juha
21h09 : FRED GOUIN - Les Temps Des Cerises
21h17 : LENINGRAD COWBOYS - Those Were The Days
21h21 : LENINGRAD COWBOYS - Thru The Wire
21h27 : LENINGRAD COWBOYS - Kili Watch
21h29 : LENINGRAD COWBOYS - Mambo From Sakkijarvi
21h34 : DAMIA - J
21h42 : TOUMANI DIABATE AND SIDIKI DIABATE - Dr. Cheikh Modibo Diarra
21h48 : TOPI SORSAKOSKI
21h53 : REIJO TAIPALE - Satumaa
21h56 : MARKO HAAVISTO - Paha Vaanii

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