Certains l'aiment Fip : Miloš Forman
Louise Fletcher, Jack Nicholson, Michael Douglas, Winnie Hollman et Miloš Forman à Paris en 1976 © Bertrand Rindoff Petroff/Getty

FIP décrypte l'univers musical de la filmographie du réalisateur tchèque de "Vol au-dessus d'un nid de coucou", "Hair", "Amadeus" ou "Ragtime".

FIP met le cinéma sur écoute et invite les auditeurs à une balade dans l’imaginaire musical d’un cinéaste, d’un genre ou d’un compositeur de BO. Mercredi 7 septembre à 20h, FIP vous plonge dans cet univers musical cathodique. Une émission présentée par Susana Poveda, réalisée par Denis Soula et mise en musique par Christian Charles.

Du 31 août au 17 septembre 2017, la Cinémathèque française consacre une rétrospective à l'oeuvre du cinéaste d'origine tchèque et d'adoption américaine. Miloš Forman a réalisé trois films dans son pays avant de s'exiler aux États-Unis en 1968 après l'entrée dans Prague des chars soviétiques. En 14 films, le réalisateur a marqué le cinéma de façon indélébile avec sa légèreté et sa lucidité sur le pouvoir et nos sociétés.

Comme une réponse à l'oppression, la résistance et l'insoumission (on pourrait rajouter la démence) semblent être le fil rouge de son oeuvre, notamment à travers ses personnages séditieux comme Mozart, Jeannie (Linnea Heacock dans Taking Off), McMurphy (Jack Nicholson dans Vol au-dessus d'un nid de coucou), Berger (Treat Williams dans Hair), Larry Flint, Coalhouse Walker Junior (Howard E. Rollins Jr. dans Ragtime) ou Andy Kaufman (Jim Carrey dans Man on the Moon). L'autre fil conducteur est sans aucun doute la place de la musique dans l'oeuvre de Miloš Forman qui s'en sert comme une arme narrative et émotionnelle à partir du film Vol au-dessus d'un nid de coucou avec la BO inoubliable de Jack Nitzsche et Ed Bogas.

Sur scène, la musique lutte avec la parole pour s’accaparer l’ouïe du spectateur. Mais dans un film, l’image a souvent plus de poids qu’un mot, et la musique et l’image se complètent parfaitement et s’intensifient mutuellement. On pourrait dire que dans le film, la musique est l’élément qui contient la plus grande charge émotionnelle. Parfois, elle me paraît être une forme supérieure de communication, comme si d’un coup le personnage du film s’arrachait le cœur et le servait aux spectateurs. Miloš Forman

Cette place prépondérante de la musique, Miloš Forman va l'exploiter au maximum dans le film musical hippie Hair avec la musique de Galt MacDermot et bien sûr dans l'un de ses films majeurs, Amadeus. Un chef-d'oeuvre pour lequel le cinéaste a fait appel au chef-d'orchestre Sir Neville Marriner qui a arrangé de façon fidèle les partitions de Mozart. Pour la musique de Ragtimes, contant l'histoire du pianiste noir Coalhouse Walker Jr., Forman a fait appel au pianiste et compositeur Randy Newman, tandis que le groupe rock R.E.M. a été sollicité pour le film Man on the Moon.

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