Je me souviens de Georges Perec

Jeudi 26 février à 21h, Fip Livre ses Musiques mettait en notes et en ondes les souvenirs du recueil de Georges Perec « Je me souviens ».

Chaque jeudi de 21h à 21h30, Fip livre ses musiques. Une émission musicale originale où Fip illustre d'une savante ambiance musicale un ouvrage, vous invitant à la découverte d'une œuvre, nouveauté ou réédition.

Le jeudi 26 février à 21h, Caroline Ostermann, Hanna El Fakir à la réalisation et Miléna Rousseau à la programmation présentaient le recueil « Je me souviens » de Georges Perec aux édition Fayard, avec pour bande-son des extraits de Duke Ellington, Goldfrapp, ou encore Michel Legrand.

Figure majeure de la littérature française du 20ème siècle, Georges Perec a marqué son époque par ses écrits audacieux, et fut membre de l’OuLiPo, (Ouvroir de littérature potentielle), le groupe d’écrivains fondé en 1960, autour de Raymond Queneau.

Né le 7 mars 1936, de parents émigrés d’origine juive polonaise, Georges Perec se retrouve orphelin très tôt. En 1940, son père meurt au front et sa mère déportée à Auschwitz, y laissera sa vie. L’horreur et la douleur de la perte l’ont profondément marqué. Il gardera cette blessure jusqu’à sa mort le 3 mars 1982, à l’hôpital Charles-Foix d’Ivry-sur-Seine, des suites d’un cancer du poumon.

Georges Perec écrit pour se souvenir de la mort des êtres chers et aussi pour louer la vie, pour « essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose ». C’est dans cet esprit qu’il écrit « Je me souviens », un ouvrage publié en 1978 aux Editions Hachette, contenant quelques 480 petites bribes de souvenirs, tels qu’ils lui reviennent à l’esprit. 

« …elles ne valaient pas la peine d’être mémorisées, elles ne méritaient pas de faire partie de l’Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d’Etat, des alpinistes et des monstres sacrés… ». Georges Perec

 
Rassemblés entre janvier 1973 et juin 1977, les petits morceaux de quotidiens s’échelonnent de sa 10ème à sa 25e année. Des survivances, des sensations furtives de moments passés...

Et pourtant ces petits riens de la vie « …suscitent pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. » Georges Perec a écrit ce livre pour que chaque lectrice, chaque lecteur puisse s’y reconnaître.
Au fil des pages, nos vécus surgissent, font écho à d'autres souvenirs, car la mémoire se transmet, de façon innocente, lors d’une ballade entre amis, une nuit en compagnie amoureuse, un après-midi à côté de Mamie… 

Je me souviens des bananes coupées en trois. Nous étions trois. Je me souviens de notre voiture qui prend feu dans les bois de Lancôme en 76. Je me souviens des jeux à l'élastique à l'école. Georges Perec
 

 
Programmation musicale :

- Duke Ellington - Caravan

- Goldfrapp – Lovely head

- Waldeck – Jerry Weintraub

- Extrait d’ « histoire d’eau » (court-métrage de 1958) de Jean-Luc Godard et François Truffaut

- The Avalanches – Tonight

- Pub shampoing DOP des années 1950

- Michel Legrand - Paris je t’aime d’amour 

- Philippe Glass – Metamorphosis

- Extrait de « Paris la belle » de Pierre Prévert (court-métrage de 1960)

- Vincent Peirani/Emile le Parisien – Egyptian fantasy

- Hugues le Bars – Arepo

- Isolée – You Could Do Your memories

- Gus Viseur – Revoir Paris

 

+ La voix de Georges Pérec provient :

 

- de l’œuvre radiophonique « Tentative de description de choses vues au carrefour Mabillon le 19 mai 1978 “

- et ses lectures de “Je me souviens”, d’archives INA des émissions “Allegro” de Jérôme Bertrand diffusées entre le 2 mars et le 11 mai 1980

Merci à à Thomas Baumgartner et les documentalistes de l'INA pour les archives de la voix de Pérec.

 


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