Le voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy
© Frédéric Stucin

Jeudi 23 avril Fip mettait en musiques "Le voyage d'Octavio" de l'auteur Franco-Vénézuélien Miguel Bonnefoy paru aux éditions Rivages.

Chaque jeudi de 21h à 21h30, Fip livre ses musiques. Une émission musicale originale où Fip illustre d’une savante ambiance musicale un ouvrage, vous invitant à la découverte d’une œuvre, nouveauté ou réédition. 

Jeudi 23 avril à 21h, Laurence Figoni, Denis Soula à la réalisation et Laurent Charrier à la programmation, présentaient "Le Voyage d’Octavio" de Miguel Bonnefoy, aux Editions Rivages.

Miguel Bonnefoy est né à Paris en 1988 d'une mère diplomate vénézuélienne et d'un père chilien. Il a grandi entre la France, Caracas et le Portugal. Professeur de français à l’Alliance française et écrivain, le jeune écrivain avait retenu l’attention avec sa nouvelle « Icare et autres nouvelles », publiée chez Buchet Chastel, pour laquelle il fut en 2013, lauréat du prix du jeune écrivain de langue française. Il vit actuellement à Paris et « Le voyage d'Octavio » est son premier roman paru aux Editions Rivages en janvier 2015.

Le franco-vénézuélien a écrit un hymne à son pays natal, le Venezuela, intemporel et éternel, ce « pays tout entier de mangues et de batailles ». Le voyage d’Octavio est l’histoire d’un jeune paysan pauvre et analphabète à qui l’auteur fait porter le poids du monde. C’est une ode à l’écriture qui rend hommage à un homme sans écriture qui avance sans penser. A force de lectures et de questionnement Miguel Bonnefoy est tombé petit à petit dans le projet d’une réécriture de la légende de Saint Christophe, un géant plein de bonté qui traverse un torrent et emmène les voyageurs d’une rive à l’autre.

Octavio, le colosse au cœur d’or, vit en solitaire à Saint-Paul de Limon. De temps à autres, il se laisse exploiter par des cambrioleurs qui camouflent leur butin dans une église désaffectée. Honteux de son illettrisme, il le cache, jusqu’au jour où une femme l’initie à la lecture et le sauve de son ignorance.

Simple, il vivait cette simplicité comme une identité. Il avait cet air d’oubli, ou peut-être de tendre mégarde, qu’ont souvent les rêveurs. Il ignorait la sensation du grain de papier et le parfum des vieux livres. Il avait appris à deviner les horaires de bus à leurs heures de pointe, les marques aux motifs des emballages, l’argent à la couleur des billets. Il calculait le montant d’un achat en lisant dans les yeux du vendeur la confiance qu’il mettait dans les siens. Miguel Bonnefoy

 

Le personnage principal du livre c’est le Vénézuela. l’arbre national, la terre, le torrent, la travail du bois, l’odeur de la mangue...

La terre était noire, lourde et grasse…Octavio y lisait là l’oiseau à la trace de ses pattes, la souris à ses débris, la mule à l’empreinte du sabot. Miguel Bonnefoy 

 

Le voyage d'Octavio bd

© Rivages

Le livre prend la forme d’une fable allégorique baroque dans laquelle Octavio se réapproprie son passé et celui de son pays grâce au médecin de son village et à son idylle amoureuse avec la belle Vénézuela, une comédienne de Maracaibo. A cause d’une affaire de cambriolage, il est contraint de fuir son bidonville et entreprend un incroyable voyage dans son propre pays.
De Caracaras à Maracaibo en passant par son village et les forêts de San Esteban, Octavio nous embarque dans un périple tumultueux, d’amour et de violence et de douceur aussi, où il retrouvera ces « ancêtres » fondateurs. Chaque rencontre de sa vie d’errance va transformer Octavio, symbole de l'humanité, et mener le lecteur vers ses propres sentiers.

La jungle protégeait ses vestiges. Un amphithéâtre d'arbres s'élevait pour faire de l'ombre aux dessins afin que le soleil ne les tanne pas. L'endroit était isolé de capucins qui par instinct se frottent à la pierre et font disparaître les marques. L'air était empli de ramages pour l'abriter des excréments des toucans. La nature couvait son héritage. Miguel Bonnefoy

Programmation musicale :

- Mario Guacaran : Candelita
- Ensemble Recoveco : Recuerdos de galina
- Alirio Diaz : Nortena / Canço del Lladre
- Family Atlantica : Libation at the gate of no return
- Heitor Villa Lobos : Melodia sentimental
- Soledad Bravo : Pajarito verde
- Family atlantica : Escape to the palenque
- Ohia Songs : Ghost tropic
- Franklin Veloz : Yacambu
- Perrine Mansuy : Les 4 vents
- Orso Jesenka : Palabras


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