Fip fête les 75 ans du label Blue Note avec une série de 15 créations originales : 15 albums historiques du label inspirent le choix de textes littéraires imprégnés par le jazz, tandis que chaque création sonore de 3’30 inspire à son tour l’interprétation d’un photographe contemporain en une vingtaine d'images.

S02E10 – Donaldson / Skvorecky / Loreaux : 

Découvrez les autres épisodes de la collection de carnets sonores pour une balade en 15 épisodes dans l’histoire de Blue Note, de la littérature américaine et dans la photographie contemporaine.

LA MUSIQUE : Lou DONALDSON, Everything I play is funky, 1969 : extrait des morceaux “Everything I Do gonna be funky” et “Minor Bash”

Le saxophoniste maison, fidèle à Francis Wolff, signe son 16è album en 1969, parfaite jonction entre le jazz des années 1960 et des influences plus seventies (R&B, soul...). Il y distille son groove irrésistible, accompagné de Blue Mitchell et Ed Williams à la trompette, de Lonnie Smith et Charles Earland aux claviers, de Melvin Sparks à la guitare, et de Leo Morris à la batterie.

LE TEXTE : Josef SKVORECKY, Le camarade joueur de jazz, 10/18, 1988 (écrit entre 1966 et 1972)

Celui qui définit le jazz comme sa « force psychologique » raconte dans cette chronique autobiographique la naissance de sa passion, et la façon dont elle lui a permis de faire face à l'oppression politique - nazie puis communiste, pendant sa jeunesse en Tchécoslovaquie. Alors que l’âge d’or du jazz est révolu, le rock étant devenu le référent musical principal de la jeunesse, cet élan de vie continue de soutenir l'inconditionnel Skvorecky, et imprègne chacun de ses livres (La légende d'Emöke, Une chouette saison...), jusqu'à sa mort en 2012.

LA PHOTO : Emile LOREAUX

En se mettant en scène dans ses images avec un humour grinçant, Emile Loreaux pointe dans ses séries les travers de la vie moderne (« Je suis une tomate », « Tête de gondole »...). Des écrits autobiographiques de Josef Skvorecky, il retient l'oppression politique subie, et une vie coupée en deux par l'exil. Ces sentiments l'ont guidés pour choisir des décors urbains rencontrés au cours de marches en périphérie de Paris. « J'ai cherché à habiter ces lieux, y trouver une place, en pensant à l'élan vital que Skvorecky puisse dans le jazz, au bonheur qu'il dit avoir connu malgré les interdictions et à la vitalité de la musique de Lou Donaldson ». Photographe indépendant, Emile Loreaux est distribué par PictureTank


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