Exclu : préécoute d’un titre de l’album de Teho Teardo & Blixa Bargeld
Exclu
Le 11 Septembre 2013

Exclu : préécoute d’un titre de l’album de Teho Teardo & Blixa Bargeld

Teho Teardo & Blixa Bargeld, © Greco Bianca

 

En avant première de "Still Smiling", album fruit de la collaboration de Blixa Bargeld et Teho Teardo à paraître le 16 septembre, nous vous offrons l’écoute d’"Alone With The Moon".

Lecture
 
Teaho Teardo & Blixa Bargeld - Alone With The Moon ©Spècula // Differ-ant

 

Teho Teardo et Blixa Bargeld publient le 13 septembre "Still Smiling". Un disque écrit entre le Rome de l’un et le Berlin de l’autre, sur une période longue, un peu plus de deux ans. Un album qui prolonge une collaboration entamée lors de la coécriture de la bande son de la pièce de théâtre "Ingiuria", montée par la Societas Raffaello Sanzio en 2010. L’œuvre s’articulait autour de textes de Claudia Castellucci traitant de l’attentat du 11 septembre 2001.

S’en suit l’écriture du morceau "A Quiet Life" (qui figure sur le disque dans une version réorchestrée), bande originale du film "Una Vita Tranquilla", de Claudio Cupellini (avec Toni Servillo, vu notamment deux ans auparavant dans "Gomorra"). Une comédie dramatique inscrite dans un contexte camorriste.

 

La violence apparaît comme la thématique centrale des travaux qui réunissent les deux hommes. Violence d’ailleurs appréhendée d’un point de vue formel par les deux musiciens au cours de leurs divers projets respectifs. Rappelons que Teho Teardo est le fondateur de Meathead, groupe de crossover indus-synthpunk-hip-hop en avance de près de 10 ans sur Atari Teenage Riot, et que Blixa Bargeld est à la tête d’Einstürzende Neubauten, projet expérimental bruitiste, depuis plus de 30 ans. Il a également été l’une des mauvaises graines de Nick Cave pendant 20 ans. La tâche entreprise, avec "Still Smiling", dans la continuité d’"A Quiet Life", se situe en contrepoint. Le disque trace une trame paisible et mélancolique, parfois même onirique, comme une couche maigre en charge de mettre en valeur les réhauts nerveux et ne rendre que plus sensible, émouvant, l’appareil.

Les cordes du Balanescu Quartet (avec qui ils ont collaboré moment d’"Ingiuria") s’inscrivent au cœur d’un processus d’écriture où l’organique et le technologique tissent une œuvre difficilement qualifiable sur le plan esthétique, inidentifiable sur la dimension temporelle, et impossible à situer géographiquement (l’usage mêlé de l’anglais, de l’italien et de l’allemand y est probablement pour quelque chose). Pour autant, l’absence de repères évidents n’apparait en aucun cas comme un frein à l’entrée dans le disque. Les formats restent pop, et les mélodies évidentes. Comme en témoigne "Alone With The Moon", réinterprétation d’une pièce des Tiger Lillies, orchestre de cabaret burlesque punk, sur laquelle plane l’ombre bienveillante de Tom Waits.

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