Rétrospective Sergio Leone à la Cinémathèque Française du 3 au 20 septembre

Du 03 au 20 septembre 2014
Rétrospective Sergio Leone à la Cinémathèque Française du 3 au 20 septembre
© Il était une fois en Amérique de Sergio Leone,1982©Carlotta-Films

La Cinémathèque Française rend hommage au réalisateur italien Sergio Leone et présente au public l'intégralité de ses films, du péplum "Le Colosse de Rhodes" aux cultissimes "Le Bon, la Brute et le Truand" et "Il était une fois en Amérique".

Sergio Leone est le réalisateur européen qui a réinventé un genre jusqu'alors réservé aux Américains : le western. Il est celui qui, à partir d'un genre hybride, le western italien (ou western spaghetti), a renouvelé le cinéma en profondeur, avec des titres comme "Pour une poignée de dollars", "Et pour quelques dollars de plus", "Le Bon, la Brute et le Truand", "Il était une fois dans l'Ouest", les grands récits du cinéma. Derrière la virtuosité, l'humour dévastateur, le maniérisme formel, se cache une réflexion moderne et mélancolique sur l'Histoire (Il était une fois la révolution) et le temps (Il était une fois en Amérique). La Cinémathèque Française lui consacre une rétrospective du 3 au 20 septembre 2014.

A cette occasion, Fip vous proposait une programmation spéciale bande orgininale des films du maître italien le 3 septembre à 20h30 à réécouter :

Les titres ci-dessous:
 

20h30 : BO/IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST - Man With A Harmonica

20h33 : BO/POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS - A Fistful Of Dollars Suite

20h47 : PNO BO/POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS - Poker D Assi

20h49 : BO/LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND - The Trio (main Title)

20h54 : PNO BO/POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS - Carillon

20h55 : BO/LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND - The Ecstasy Of Gold

20h58 : BO/IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST - As A Judgement

 

 
Sergio Leone est né le 3 janvier 1929 à Rome et grandit durant le régime fasciste et la guerre. Passionné pour la culture populaire, notamment d’outre-Atlantique, les mythologies triviales du cinéma américain et de la bande dessinée, il suit naturellement la voie de son père le réalisateur Vincenzo Leone alias Roberto Roberti et commence comme assistant du réalisateur Vittorio De Sica sur le tournage du Voleur de bicyclette (1948), film dans lequel il tient également un petit rôle de curé. Il travaille ensuite pour des cinéastes américains venus tourner dans les studios de Cinecittà pour fuir le maccarthysme. Il collabore à Quo Vadis ? (1951) de Mervyn LeRoy, à Hélène de Troie (1955) de Robert Wise et à Ben Hur (1959) de William Wyler. Lorsqu'il débute dans la mise en scène en 1959, en remplaçant Mario Bonnard, tombé malade sur le tournage des Derniers jours de Pompéi, il s'attaque à un cinéma populaire, le péplum. Le colosse de Rhodes (1961), le premier film qu'il dirige de bout en bout, reste une référence du genre. En 1962, il dirige la seconde équipe de Sodome et Gomorrhe de Robert Aldrich et dévoile un goût pour le baroque et la démesure.

 

Le Bon, la Brute et le Truand

© Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, 1968 © Théâtre du Temple

Le péplum vit alors ses derniers jours. Leone transpose alors son style dans un autre genre, le western à l'italienne, autrement appelé " western spaghetti ". Il s'inspire de Yojimbo (1961) d'Akira Kurosawa et réalise sous le nom de Bob Robertson Pour une poignée de dollars (1964). Le film remporte un succès international et révèle un acteur américain qui connaîtra une brillante carrière, Clint Eastwood. Le cinéaste affirme son style et démystifie le rêve américain du Far West dans les deux derniers volets de cette trilogie : Et pour quelques dollars de plus (1965) et Le bon, la brute et le truand (1966).

 

 Il s'attaque ensuite à une trilogie plus ambitieuse dont le premier opus, Il était une fois dans l'Ouest (1968), écrit par Bernardo Bertolucci, poursuit le processus de démystification de l'Ouest. L'humble cow-boy héroïque à la conquête d'un nouveau monde devient chez Leone une crapule crasseuse dont les actes ne sont dictés que par l'intérêt, par la cupidité ou par la peur. Dans ce film, il utilise à contre-emploi Henry Fonda, un acteur fétiche de John Ford, chantre américain du western, et en fait un truand crédible. Leone se distingue surtout par les innovations esthétiques qu'il apporte à un genre éculé et éprouvé. La lenteur du rythme, la dilatation du temps, la violence des duels, l'alternance des gros plans et des panoramiques, accompagnés par la musique d'Ennio Morricone, participent à la création d'un univers qui lui est propre.

Il-était-une-fois-en-Amérique

© Il était une fois en Amérique de Sergio Leone,1982©-Carlotta-Films

Dans la plupart de ses films, il utilise la structure dramatique de l'opéra italien, avec une ouverture où se mettent en place les éléments du film développés en cinq actes. Cette construction est particulièrement flagrante dans Il était une fois en Amérique, mis en chantier en 1972 et achevé en 1983. Cette fresque baroque sur les gangsters des années 1930 à Chicago mêle les thèmes de l'amitié, de la trahison, du sexe, du pouvoir et de la mort, traités tour à tour avec violence, humour et tendresse. Entre-temps, Leone produit deux films parodiques qui marquent la fin du western spaghetti, Mon nom est Personne (1973) de Tonino Valerii et Un génie, deux associés, une cloche (1975) de Damiano Damiani. Il meurt en 1989 avant d'avoir pu achever un nouveau projet, Les neuf cents jours de Leningrad.

 

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